Chez Jean de Château-Thierry

Sortie pour la journée vers l'Aisne. Plus précisément à Château-Thierry et alentour : à certains, ce nom évoquera tout de suite le fabuliste le plus célèbre de France, dont chacun peut a minima citer quelques vers tirés de ses fables les plus connues, tels que :

Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. (Le Corbeau et le Renard)

La raison du plus fort est toujours la meilleure. (Le Loup et l’Agneau)

Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. (Le Loup et l’Agneau)

Tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l’Huître)

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. (Le Petit Poisson et le Pêcheur)

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. (Le Lièvre et la Tortue)

On a souvent besoin d'un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat)

Ce cher vieux Jean (de la Fontaine) est bien évidemment présent à chaque coin de rue de la ville de l’Aisne, à 80 kilomètres de Paris. Arrivant sur les bords de la Marne qui traverse la ville, une statue montre la voie ; en remontant dans la ville par la rue Jean de la Fontaine, on tombe sur sa maison natale, transformée bien sûr en musée ; ici et là, des vers sur des panonceaux ; ou encore plus haut des reproductions de dessins de Gustave Doré qui illustra nombre des célèbres fables. Le fabuliste y naquit en 1621, et hérita de la maison, ainsi que la charge de Maitre des Eaux et Forêts de son père 37 plus tard, avant de quitter la ville pour Paris et son œuvre de poète.



Mais il n’y a pas que La Fontaine à Château-Thierry. La ville est  surplombée par un ancien château-fort du IXème siècle, dont subsiste encore d’épaisses murailles transpercées de 2 portes monumentales. L'on entre côté nord par la Porte Saint-Pierre, avant de passer sous la Porte Saint-Jean qui donne accès au château proprement. Celui-ci a bien été réaménagé ces dernières années et offre de multiples occupations, en temps normal bien entendu : une volerie d'aigles, les cuisines médiévales reconstituées en réalité augmentée, un parcours d'accrobranches dans les arbres, un jardin médiéval, une roseraie, une aire de pique-nique, on a l'embarras du choix pour se balader et s'occuper. Au bout du promontoire, une avancée offre une vue plongeante sur la ville et la vallée de la Marne en contrebas. On redescend en longeant les remparts par en-dessous, puis en empruntant la rue du Château, passant devant l'ancien Hôtel-Dieu, en travaux et à la recherche d'un second souffle.

 

 
Après avoir déjeuné de pastas italiennes sur un banc face à la Marne, commandées dans un de ces nombreux restaurants qui tentent de survivre grâce au « Click and Collect » comme on dit maintenant, je redescends la rivière sur la route du Champagne. En effet, cette célèbre appellation s'étend jusqu’aux limites de la Seine-et-Marne, pas si loin de Paris. Chaque village annonce plusieurs viticulteurs, souvent cinq à dix : je n'aurai pas l'occasion de tester la qualité de ces champagnes moins connus que ceux d'Epernay ou de la Montagne de Reims.  L'après-midi est grise et pluvieuse, cela ne ne met guère en valeur des villages qui apparaissent bien tristounets, rien à voir avec par exemple les villages alsaciens fleuris et apprêtés (mais sans doute suis-je un peu chauvin). Je m'arrête pour me dégourdir les jambes le long de la Marne, du côté du pont de Nogent-l'Artaud, sur le chemin de la Verrerie. Une maison étrangement ornée de briques vernissées et colorées, défendue par une armada de chiens aboyant, attire le regard. Il est temps de rentrer sur la région parisienne via Montreuil-les-Lions, tandis qu'un soleil orange perce les nuages pour se coucher à l'horizon. 




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