Ré et Aiguillon en hiver
Semaine rochelaise en défiant les contraintes du confinement automnal : sur une autoroute quasi-déserte, à part quelques camions, pas l'ombre d'un pandore pour contrôler nos papiers, et nous rejoignons sans histoire notre antre de la rue Debussy, au côté duquel le grand immeuble d'habitation qui va nous jouxter continue de pousser avec constance.
Nous continuons en ce début décembre à parcourir les côtes atlantique voisines. D'abord un peu plus au nord, jusqu'à Esnandes et la baie de l'Aiguillon, vaste étendue d'eau, et de vase à marée basse, qui marque la frontière avec la Vendée voisine. Du côté de la Pointe Saint-Clément, on peut presque marcher sur l'eau en s'aventurant sur une chaussée qui s'enfonce dans la baie, tandis que le soleil joue avec les nuages pour offrir une lumière filtrée qui exhausse ce paysage hivernal. Un peu plus bas, en longeant la plage, on trouve les inévitables carrelets toujours aussi esthétiques et frêles insectes dardant vers le large, les pieds dans l'océan.
On continue sur la côte jusqu'aux falaises du Pertuis Breton, avant de repiquer vers l'intérieur vers Marsilly. On y remarque un imposant clocher-porche du XIIème, sur lesquels subsistent encore des graffiti de l'époque dans la salle des Pèlerins. Juste en face, un arbre remarquable, un chêne chevelu dont on ne se rend pas compte au premier abord qu'il fut planté il y a plus de deux siècles, en 1792. En remontant vers notre point de départ, l'on passe devant un bout d'Afrique : plus d'une centaine d'autruches vaquent tranquillement à leurs occupations dans quelques enclos, ce qui nous rappelle les fermes du Transvaal il y a une douzaine d'années. Mais bon, je ne monterai pas cette fois sur le dos d'un de ces ratites, une chute m'a suffi.
Nouvelle balade côtière de l'autre côté du pont, sur l'île de Ré. Nous laissons la voiture au pied du pont pour prendre le bus qui nous emmène jusqu'à La Flotte. De là, nous longerons la côte pour retourner à notre point de départ. Ce qui au passage me permettra de conclure mon tour de Ré en septembre de dernier, en marchant les 15 kilomètres manquants que je n'avais pu parcourir, faute à une météo dantesque. Aujourd'hui il vente, mais le ciel est bien bleu. Il faut s'écarter un peu du sentier côtier pour aller jeter un œil à l'Abbaye cistercienne des Châteliers. Comme beaucoup d'autres, elle fut plus d'une fois détruite, puis reconstruite, au fil de ses neuf siècles d'existence. Il n'en subsiste que peu d'éléments, mais ceux-ci composent un ensemble sobre et structuré, finalement presque plus marquants qu'une abbaye complète, avec un majestueux pan de mur à trois chapiteaux, les moignons vestiges du réfectoire ou le carré du cloître avec un jardin reconstitué en son centre : c'est simple et pourtant magique, au milieu des champs, à deux pas des flots.

La balade continue jusqu'à Rivedoux, en marchant parfois sur la plage pour éviter la route, jetant un œil au côté caché des maisons dont le jardin se finit dans l'océan ou presque, un autre de l'autre côté pour vérifier que la mer ne remonte pas trop vite ! Puis c'est la grimpette du pont, 3 kilomètres de long avec un sommet à 42 mètres, le plus gros dénivelé, et de loin sur l'île. Le viaduc ondule sur ses 28 piles, le virage inattendu qu'il prend étant destiné à éviter une fosse qui aurait rendu compliqué la pose de certaines piles. Nous franchissons ce dernier obstacle tandis que le soleil se couche derrière nous sur le nord de l'île.






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