Tarrafal au bout du monde
Nous arrivons à Tarrafal à pied, les véhicules nous laissant
sur les hauteurs de manière à ce que nous descendions à pied vers le petit
port. 800 habitants (quand même) peuplent ce bout du monde, accessible
seulement en 4x4 donc, ou bien par la mer. L’ambiance est paisible, deux ou
trois hôtels et quelques restaurants accueille les amateurs de calme, essentiellement
situés sur la grande plage de sable noir qui borde la baie, sur laquelle les
bateaux de pêche se reposent après leur journée de travail, et où des grappes
de gamin jouent, pendant que les hommes discutent et les femmes vaquent à leurs
occupations domestiques, comme souvent.
Nous apprenons le lendemain qu’il y a encore plus perdu que
Tarrafal. En empruntant un chemin, toujours pavé, mais accessible à pedibus uniquement,
l’on se rend en 3 heures environ jusqu’au village voisin de Monte Trigo, au
pied d’un volcan. L’unique personne que nous croiserons sur notre chemin est
une femme qui transporte son sac sur la tête, peut-être pour aller faire ses
emplettes. La plupart des 250 habitants du lieu utilisent des canots à moteur
pour se rendre à la « métropole » de Tarrafal. Après un déjeuner sur
la terrasse d’une famille locale, nous retournons nous aussi en bateau vers
notre camp de base. Nous nous entassons à 18 dans un petit bateau pour un
trajet sans encombre sur une mer à peu près stable. C’est lors du débarquement
que cela devient sportif : le vent s’est levé et de gros rouleaux
déferlent sur la plage où nous devons accoster. Une barque, munie de rames, nous
emmènent par groupes de 5 ou 6 jusqu’au rivage, où des ados stabilisent tant
bien que mal la barque malmenée par les vagues : c’est chaotique et
sportif, certains en sortent bien mouillés, sans autres soucis cependant, mais
on se rend compte a posteriori que c’était dangereux et que cela aurait pu mal
tourner.
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