Tarrafal au bout du monde







Après avoir écumé la partie centrale et orientale de l’île, la semaine de rando s’achève de l’autre côté, le plus sauvage et le plus désertique. A Porto Novo, le port d’accès au sud de l’île, nous nous entassons dans deux 4x4 qui nous emmènent à l’extrémité ouest de l’île, tout d’abord sur les fameuses routes impeccablement pavées qui caractérisent le réseau routier local, puis sur une piste qui devient de plus en plus cahoteuse au fur et à mesure des kilomètres ; les travaux en cours sur une bonne portion du chemin nous font avaler notre ration de poussière, mais le paysage est magnifique, depuis les montagnes vers la mer, une vue panoramique sur le relief volcanique pelé.



Nous arrivons à Tarrafal à pied, les véhicules nous laissant sur les hauteurs de manière à ce que nous descendions à pied vers le petit port. 800 habitants (quand même) peuplent ce bout du monde, accessible seulement en 4x4 donc, ou bien par la mer. L’ambiance est paisible, deux ou trois hôtels et quelques restaurants accueille les amateurs de calme, essentiellement situés sur la grande plage de sable noir qui borde la baie, sur laquelle les bateaux de pêche se reposent après leur journée de travail, et où des grappes de gamin jouent, pendant que les hommes discutent et les femmes vaquent à leurs occupations domestiques, comme souvent.


Nous apprenons le lendemain qu’il y a encore plus perdu que Tarrafal. En empruntant un chemin, toujours pavé, mais accessible à pedibus uniquement, l’on se rend en 3 heures environ jusqu’au village voisin de Monte Trigo, au pied d’un volcan. L’unique personne que nous croiserons sur notre chemin est une femme qui transporte son sac sur la tête, peut-être pour aller faire ses emplettes. La plupart des 250 habitants du lieu utilisent des canots à moteur pour se rendre à la « métropole » de Tarrafal. Après un déjeuner sur la terrasse d’une famille locale, nous retournons nous aussi en bateau vers notre camp de base. Nous nous entassons à 18 dans un petit bateau pour un trajet sans encombre sur une mer à peu près stable. C’est lors du débarquement que cela devient sportif : le vent s’est levé et de gros rouleaux déferlent sur la plage où nous devons accoster. Une barque, munie de rames, nous emmènent par groupes de 5 ou 6 jusqu’au rivage, où des ados stabilisent tant bien que mal la barque malmenée par les vagues : c’est chaotique et sportif, certains en sortent bien mouillés, sans autres soucis cependant, mais on se rend compte a posteriori que c’était dangereux et que cela aurait pu mal tourner.




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