Randos capverdiennes


La raison principale de notre voyage capverdien est de randonner dans l’archipel, et pour ce faire, nous avons retenu, comme souvent, l’agence Terre d’Aventures, qui nous propose un circuit d’une semaine sur l’île de Santo Antao, juste en face de Mindelo et Sao Vicente, notre île d’arrivée. Notre guide est un Capverdien qui nous cornaquera efficacement sept jours durant : la randonnée étant une activité essentiellement française, et une ressource touristique non négligeable, notamment pour l’île la plus escarpée et la plus propice à la marche, les guides locaux n’ont guère d’autres choix que de parler français. Poula, comme il se nomme, nous raconte donc que, pour réaliser ce métier, il a dû apprendre le français, tout seul, à coups de livres et d’enregistrements audio, une année durant, avant que de tester son niveau avec des groupes : considérant cet apprentissage en solo, et le fait qu’il n’a jamais depuis mis les pieds en France, son niveau est assez bluffant, et il nous présentera durant tout le séjour des noms, souvent de végétaux, dans un français solide, pimenté d’un charmant accent capverdien. La manière dont est organisée la semaine est efficace, un minibus qui nous transporte au départ des randonnées, et nous recherche à l’arrivée, de manière à optimiser nos balades et éviter les boucles. La plus plupart des repas sont goûteux, que ce soit le midi lors de notre itinérance, ou le soir à l’étape : nous déjeunons ou dînons le plus souvent chez l’habitant, ce qui nous amène à être installés sur le toit-terrasse d’un immeuble, ou dans la grande salle à manger d’une maison, et à profiter d’un repas – menu imposé – concocté par nos hôtes du jour. Du coup, nous avons droit à une excellente cuisine typiquement capverdienne, largement à base de produits locaux, puisque l’archipel n’est pas loin d’âtre autosuffisant du point de vue alimentaire (à part le riz), parmi lesquels le poisson a bien sûr une place de choix. Le tout arrosé de vins locaux (dont certains viennent de l’île voisine de Fogo), et en apéritif de grogue, évidemment produit sur place !


Mais il a fallu marcher quand même entre 2 repas. L’île de Santo Antao a de petits airs de la Réunion, pics volcaniques, cirques verdoyants, plaines désertiques, vallées luxuriantes, le contraste surgit à chaque coin de route. Des rivières dégringolent depuis les hauteurs au centre, et notamment le cirque de Corda, vers la mer, le long desquelles les plantations fleurissent, offrant à nos yeux toutes les nuances possibles de vert. Descendre ces « Ribeira » est un enchantement, avec cette trilogie du vert des plantes, de l’ocre des pitons environnants, et du bleu de la mer là-bas au bout. L’autre classique de l’île est de longer la côte, au-dessus des falaises vertigineuses, et d’un océan qui gronde 200 mètres plus bas. Ce trajet n’est pas comme on pourrait le penser un long fleuve tranquille, car le chemin ne cesse de monter et de descendre, chaque fois – et c’est fréquent – qu’il croise une ravine dégringolant de la montagne, et on se retrouve en fin de journée avec un bon dénivelé dans les gambettes. 
 


Le groupe Terdav est comme souvent très féminin et plutôt âgé. La marche est décidément une activité de vieux, encore davantage hors période scolaire ! Il y a la doyenne, près de 75 ans, et encore de bonnes jambes ; le couple habituel de Belges, les plus jeunes et les plus sportifs ; la grande gueule rituelle, qui met l’ambiance, heureusement sympa et finalement plutôt fine cette fois ; plus en prime un groupe d’anciens combattants qui ont fait ensemble le Vietnam (en randonnée, pas Dien Bien Phu, rassurez-vous !). Du coup, les randos sont assez cool, cela ne va pas bien vite et s’arrête souvent, mais on marche quand même toute la journée, et les paysages sont, je me répète, splendides.




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