Les villas de Tivoli
Depuis Castel Gandolfo, je poursuis ma circum-navigation autour de Rome, avec un petit arrêt à Rocca di Papa (la roche du pape), encore un village à flanc de colline qui surplombe la plaine romaine. Celui-ci a succombé à la mode des "muraux", ces fresques murales, souvent sponsorisées par la mairie, qui prolifèrent désormais dans villes et villages. Il y a à boire et à manger, mais cela donne de l'inattendu à la balade, guettant les peintures murales et comparant les styles et les idées.

Je continue ma route vers l'est, faisant une pause à Frascati, région réputée pour ses vins : je m'arrête dans une "enoteca" tenue par deux femmes proposant des nectars du coin, pour goûter un excellent blanc sec des alentours. L'autre attraction du coin est la présence de villas dites "tuscolanes", en fait de villas de méga-demeures patriciennes ; la plus connue, célébrée dans les guides, est la villa Alborandini, qui toise la ville en contre-bas de toute la hauteur de ses murs. L'endroit est, comment dire, assez bizarre : des panneaux d'interdiction artisanaux jouxtent les pancartes touristiques, des voitures circulent et stationnent ici et là dans le parc, de manière anarchique - ce sont les fonctionnaires de la Guardia Finanziale qui travaillent dans une des annexes. Le bâtiment principal, ses jardins, ses fontaines, semblent à moitié à l'abandon, présentant une vague ressemblance avec le château de la Belle au Bois Dormant. Les lieux pourraient être magnifiques, il y a du potentiel comme on dit, mais quelque chose cloche : manque de moyens financiers, bisbilles entre pouvoirs publics, mystère ...
Mon étape finale se situe à Tivoli, petit bourg réputé sur le flanc oriental de Rome. La vieille ville médiévale a du cachet, avec une petite cathédrale s'ouvrant curieusement sur une placette, ou la forteresse de Rocca Pia. Mais elle vaut surtout pour ses deux "villas". Difficile de concevoir des lieux aussi différents sous le même vocable. La première, la villa d'Este, se trouve en pleine ville, construite en 1550 par le cardinal d'Este, un palais ouvert sur la plaine, là encore, et des jardins en dessous, sertis de fontaines et jets d'eau. Si les pièces du palais et leurs fresques, comme la vue sur le jardin et au loin, valent déjà le coup d’œil, ce sont bien les jardins qui impressionnent le plus. Des plans d'eau tout en longueur, des jets d'eau à profusion, des statues crachant leur liquide, des fontaines plantureuses, le tout dans une végétation luxuriante, l'endroit est vraiment superbe. C'est là que je verrai d'ailleurs le plus de touristes, de groupes scolaires - souvent français - aux habituels visiteurs asiatiques et leur smartphones-photos.




Dernier stop avant de reprendre l'avion, la villa Adriana, à quelques kilomètres de Tivoli. C'est aussi villa en effet, mais qui date des années cent, construite par l'empereur romain Hadrien : les ruines restantes laissent imaginer la splendeur de l'endroit il y a deux millénaires. Ce qui impressionne sans doute le plus est l'utilisation de l'eau dans cet ensemble architectural. Le large plan d'eau du Pécile, le Théâtre Maritime, îlot entouré d'un canal circulaire, le superbe bassin du Canopo, bordé de statues et de cariatides, évoquant la vallée de Nil. Le temps gris et pluvieux n'y fait rien, l'endroit reste magique, isolé dans le calme de la campagne romaine.










Commentaires
Enregistrer un commentaire