Dunes et béton sur la côte Sud

Aujourd'hui, nous prenons la route, ou plutôt l'autoroute qui relie le Nord au Sud de l'île en longeant la côte orientale, pour aller voir, avec un peu de méfiance, le Sud balnéaire et hyper-touristisé. Au moins peut-on se dire que les nuages ne s'accrochent pas là en-bas, faute de relief, et qu'il y fait très souvent plus beau et plus chaud qu'au nord. Les abords de l'autoroute ne sont pas très attrayants, cubes-habitation en béton, usines ou encore coques de commerces comme on en trouve partout le long des grands axes. Après une heure de retour, premier arrêt à Maspalomas. Bon, c'est encore pire que ce à quoi je m'attendais, une Costa Brava bis (modèle Benidorm), des rocades, des commerces, des hôtels et résidences partout, des touristes en short dans les rues. Nous nous arrêtons pour faire quelques emplettes dans un petit centre commercial : on se retrouve dans une Allemagne d'opérette en carton-pâte, avec en prime quelques super-héros qui s'égaillent dans un pauvre espace sur le carrefour. Le temps d’acheter de quoi pique-niquer avant de s'enfuir. 


Nous nous sommes arrêtés à cet endroit pour ses dunes de sable. Effectivement, l'urbanisation effrénée a fini par être stoppée pour laisser un peu de place à ces dunes, assez étonnantes, on dirait un morceau de Sahara transposé ici (il est vrai que le Sud du Maroc n'est qu'à quelques centaines de kilomètres d'ici). Nous entamons une balade dans ce mini-désert. Le sable est brûlant, la marche un peu ardue, une végétation maigrichonne pousse quand même ici et là, et nous nous apercevons que c'est le repaire des nudistes du coin, qui se planquent (ou pas) sous les feuillages. Bon, on ne sent pas tout à fait à sa place avec du textile sur le dos. Nous rentrons par la plage, la fameuse Playa del Ingles, destination de prédilection des touristes teutons, et de fait les Allemands sont les premiers occupants des lieux, par endroit là encore nus comme des vers. Bon, pas vraiment notre tasse de thé tout cela. Nous reprenons la voiture pour continuer de longer la côte.
 



L'agglomération bétonnée s'étend encore sur quelques kilomètres, des résidences luxueuses ou des cahutes cheap, il y en a pour toutes les bourses (à défaut de tous les goûts). La nature reprend ensuite ses droits, la route côtière serpente dans de la rocaille, la mer bleue en contre-bas, tiens une grosse usine gâche le littoral là-bas (produit-elle du béton pour les clapiers à touristes ??). Ici et là, un village plus ou moins bien bétonné apparaît avec sa marina obligatoire, sa plage et ses baraques à glaces ou à frites, rien de bien folichon. Nous poussons jusqu'à la dernière station avant mutation (vers l'ouest sauvage), la réputée Puerto de Mogan. Bon, ça a des côtés Port-Grimaud, un peu artificiel, mais quand même présentable, il y a même quelques (vrais) bateaux de pêche, et des canaux, un peu moins vrais eux. La front de mer est agréable, on prend un cocktail en terrasse, en regardant le soleil redescendre doucement, avant de filer vers le Nord, pas mécontent de retrouver les vraies gens et une Canarie authentique.

 

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