Le chemin de Cahors à Lauzerte

Pont Valentré à Cahors

Notre chemin commence à Cahors, sur les rives du Lot, jolie ville médiévale qui semble se réveiller doucement après une longue sieste. Que rêver de mieux que le pont Valentré pour nous servir de porte d'entrée majestueuse aux routes et sentiers qui nous mèneront jusqu'à Condom, quelque 160 kilomètres plus loin au sud-ouest. Ça grimpe dur pour commencer et tester le galbe de nos mollets, la récompense étant une vista complète de Cahors enserrée par la boucle du Lot dans laquelle elle est enfermée. Une fois dépassées les inévitables et hideuses zones d'activité qui enlaidissent désormais chaque sortie de ville, enfin la campagne, jusqu'à Labastide Marnhac qui nous offre une escale initiale. Nous célébrons notre première demi-journée de néo-marcheurs avec une Leffe pression à la terrasse d'une sympathique épicerie-brasserie-resto à l'entrée du village, qui ne nous empêche pas de reprendre le chemin, et à un bon rythme qui plus est : mes jambes vont plus vite que la musique, il va falloir que je me calme si je veux tenir le rythme une semaine entière. En passant, nous dépassons - en trombe ! - un vieux monsieur à la tenue de marcheur et à la démarche hésitante, qui titube presque sur le chemin ; fait-il vraiment le même chemin que nous, cela semble improbable, mais qui sait ?


La première nuitée sera dans un tout petit village nommé Lascabanes. En guise de cabane, notre gîte est l'ancien presbytère des lieux, accolé à l'église, un bel endroit même si les chambres sont un peu rudimentaires. Le tour du village - 30 habitants - est vite fait : 3 gîtes, une baraque de restauration rapide, et c'est tout. La dame qui tient le gîte est charmante et son menu du soir, en compagnie d'autres "pèlerins" est simple et goûteux, même si le vin est un peu râpeux. Pour finir, une balade digestive à l'heure bleue en refaisant le parcours triangulaire qui longe les quelques maisons en pierre du village.
Eglise de Lascabanes
Rue de Lascabanes


Une journée chaude et ensoleillée est annoncée le lendemain. Grâce à nos voisins peu discrets, nous nous levons dès potron-minet (ou potron-jacquet, c'est davantage de circonstance) pour le second jour. Sur le chemin qui nous mène à Montcuq (avec un Q final à bien prononcer), nous traversons un sous-bois bien verdoyant qui vire subitement au brun clair : toutes les feuilles sont réduites en charpie et l'endroit est désolé, dévasté comme après un ouragan ou une invasion de sauterelles. De fait nous n'en sommes pas si loin car un panneau nous avertit que c'est la pyrale du buis (puisqu'il s'agit de buis sauvages) qui sévit ici depuis quelques mois, qui a réduit à néant toute la végétation. Tout est mort, la seule trace de vie étant par endroit des nuées de papillons blancs qui virevoltent autour des arbustes désséchés. Bonne nouvelle ? Que nenni ! Ces papillons sont des pyrales, les chenilles après s'être empiffrées de buis, ont donné naissance à ces papillons qui vont donc perpétuer leur espèce, et par là-même condamner les buis. Et ce phénomène n'est pas unique, nous rencontrerons ici et là d'autres buis morts au cours de notre semaine. Car les solutions pour éradiquer cette pyrale sont peu efficaces et éphémères.

Arrivée sur Montcuq, que l'on voit de loin avec son donjon campé sur une butte dominant la ville. Pause café, arrêt courses pour le pique-nique de midi à venir chez le charcutier du coin. Un personnage haut en couleur qui nous narre ses démêlés avec certains (ouf, tous ne sont pas en cause !) de ses clients-randonneurs, et la manière réjouissante dont il leur rabat le caquet quand leur muflerie dépasse les bornes. 

Après une longue étape, nous arrivons à Lauzerte, notre but du jour, avec une bonne grimpette pour finir, sous une chaleur qui prend de l'ampleur. Nous sommes chaleureusement accueillis à notre gîte des Figuiers par un vieux monsieur qui nous offre à boire, une heureuse tradition offerte par le plupart de ces endroits : nous nous abreuvons de grenadine à l'eau bien fraîche ... Il y a bien longtemps que je n'avais pas bu autant de sirop ! Après la douche bienfaitrice quotidienne, c'est l'heure d'aller faire une visite vespérale au village. De belles maisons en pierre, une vue plongeante sur la campagne environnante depuis la Promenade de l’Éveillé et le Jardin du Pèlerin, une église avec 2 portails et de jolis vitraux : je suis toujours étonné de constater le contraste entre les dimensions (souvent conséquentes) des églises et la modeste population de leurs villages, un hiatus démultiplié par le temps qui a passé, et l'évolution de la société. A noter aussi de jolies enseignes le long des rues, ou encore un bel édifice municipal en pierre, qui offre au public une ou plusieurs expositions chaque mois, un effort à encourager pour un petit village comme Lauzerte. Et puis nous arrivons par hasard le jour de la fête médiévale au village. Pas mal de monde sur la place centrale, une ambiance bon enfant avec des visiteurs essentiellement du cru, des animations simples, un peu naïves, mais qui amusent petits et grands. Une fête sans prétention qui montre si besoin était qu'il en faut peu pour être heureux, comme disait Baloo l'Ours
Eglise de Lauzerte
  


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