
Nous partons tôt pour la plus longue étape (33 kms) du parcours. Le paysage dans le Gers devient plus monotone, nous longeons encore et toujours des champs de tournesol, plus ou moins grillés par le soleil, et de temps à autre champs de maïs, de sorgho, de melons. Heureusement, quelques sympathiques bourgades viennent briser la monotonie de la route. Saint-Antoine, imposante Commanderie pour un si petit lieu, avec une porte
fortifiée donnant accès au vieux village. Flamarens ensuite, un château massif, logis carré, tours rondes, fenêtres et mâchicoulis, bien retapé depuis peu, devenu une gentilhommière où il doit faire bon vivre. L'église voisine est elle bien délabrée, et les travaux se déroulent au ralenti avec peu de moyens ; mais le chœur, ouvert au grand air et envahi par les herbes folles, est surprenant. Une toute petite échoppe sur la place avec quelques tables accueille les marcheurs pour le premier stop de la longue journée, proposant de quoi se sustenter (c'est encore un peu tôt pour nous). Castet-Arrouy, non loin d'un château (encore un) en ruine émergeant des tournesols. Un dernier arrêt pour nous désaltérer (notre réserve d'eau est épuisée) au bord de la départementale, une ferme voisine a installé une halte (pour consommer ou acheter), tenue par une jeune fille un peu revêche qui épluche ses aulx en attendant le client.
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| Chœur de Flamarens |
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| Château de Flamarens |
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| Chapelle - brocante à Lectoure |
Nous arrivons à Lectoure, elle aussi perchée sur une petite éminence. A l'extrémité ouest, l'ancien hôpital a été transformé en brocante, dont le jardin et les salles débordent de vieilleries en tous genres, sans oublier quelques inévitables gestes d'art moderne dispersés ici et là. Mention spéciale à la chapelle, encombrée d'objets, surprenant capharnaüm sous la voûte et les vitraux ancestraux. La promenade du Bastion ouvre sur le plat Gers autour de nous, les ruelles du centre ville regorgent d'hôtels particuliers, de tours, de petits châteaux, qui donnent une idée de l'importance de la ville en d'autres temps. Aujourd'hui, elle semble vivoter. Nous prenons l'apéro dans un café de la rue "principale" : c'est amusant, les forces vives et les notables de la ville semblent s'y donner rendez-vous le soir venu, offrant aux oreilles indiscrètes un précipité hétéroclite de la vie d'une petite ville de province.
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| Chat de La Romieu |
Dernière étape le lendemain vers Condom. Nous trichons un peu : après les 35+ kilomètres parcourus la veille, nous ne nous sentons guère de refaire le même millage, d'autant que la pluie est annoncée et qu'il nous faut encore le soir venu nous rendre à Agen. Nous parcourons donc la moitié du trajet en minibus, celui-là même qui collecte et dépose sacs et valises le long du chemin, jusqu'à La Romieu. Une ville étape importante du chemin de Saint Jacques, puisque les chemins du Puy et de Rocamadour s'y rejoignent, et que la collégiale Saint-Pierre est un des must du parcours. Un endroit majestueux, cloître carré, vaisseau imposant à 4 travées, deux tours, dont le clocher auquel on peut grimper pour profiter une nouvelle fois de la vue, et aussi du surplomb sur la voûte de l'église. Tiens, encore une intrusion d'art pseudo-moderne, d'origine flamande ici, qui vient enlaidir les lieux (mais sans doute suis-je un béotien en la matière). Le village est sous le signe du chat, une légende sans grand intérêt, mais les félins qui prolifèrent sous forme de statuettes ou de dessins sont amusants à débusquer le long des ruelles.
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| Chapelle de La Romieu |
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| Collégiale de La Romieu |
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| Les mousquetaires de Condom |
Nous arrivons à Condom, terme pédestre de notre périple, capitale de l'Armagnac. Imposante cathédrale Saint-Pierre (encore lui), devant laquelle les quatre mousquetaires de d'Artagnan prêtent serment. Ruelles, hôtels, jardins, peut-être est-ce de la lassitude, mais Condom ne sera pas l'endroit qui restera le plus dans ma mémoire. Au moins y a-t-il une gare routière qui nous permet de rejoindre en moins d'une heure Agen plus au nord, changeant au passage de région, d'Occitanie jusqu'en Nouvelle-Aquitaine, pour reprendre les nouvelles dénominations régionales. Agen, grande ville un peu triste, ne nous laisse pas non plus un souvenir impérissable, même la cathédrale est fermée au public ce jeudi matin. Au moins trouvons nous le soir un bon restaurant pour finir en beauté notre balade, au cours de laquelle nous aurons pu profiter un peu de la gastronomie locale au fil des étapes. Le retour vers Paris est rapide, grâce au TGV qui nous y amène en 3 heures chrono.
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