Triste Lac Peipous, vibrant Tartu
Connaissez-vous le lac Peipous ? Probablement pas, il s'agit pourtant du deuxième plus grand lac de l'Union Européenne (après Vänern en Suède), qui a aussi la particularité de constituer une partie de la frontière entre l'Estonie (et donc l'UE) et la Russie. Je tenais donc à voir ce grand lac, un "must" comme l'indiquerait le nom de sa ville principale, Mustvee ! Arrivé sur la rive, j'écarquille les yeux : il est immense, impossible de voir la rive en face, celle du grand frère (ou plutôt de l’ennemi) russe. Mustvee, un lieu hors du temps où rien ne semble se passer : je pense au livre "Le Désert des Tartares" (Dino Buzzati), dans lequel Giovanni Drogo attend, espère, dans l'ennui un ennemi qui ne viendra jamais.
Longeant le lac vers le Sud, on traverse des villages-rues endormis le long des rives, où l'on croise à peine une voiture et un pékin de temps à autre. Ça et là une bourgade plus grosse où quelques immeubles décrépis semblent dater de l'immédiat après-guerre, et autour desquels quelques enfants désœuvrés traînent. Seul intérêt de cette rive finalement, la présence d'une minorité de vieux-croyants, des chrétiens orthodoxes ayant refusé les innovations de leur culte lors du raskol (1666), et conservé depuis leur mode de vie, leur liturgie, ainsi que de modestes églises en bois attestant de leur présence.
Je continue ma route vers l'intérieur pour arriver à Tartu. Le contraste est saisissant, cette petite ville, la seconde du pays pourtant, universitaire, vibre d'animation et de jeunesse. Nous sommes vendredi soir et les rues vrombissent, un orchestre joue sur le bitume, des jeunes font la queue devant un food-truck, les terrasses sont pleines. Quel changement, avec la langueur du lac voisin bien entendu, mais aussi avec le vieux Tallinn engoncé dans la naphtaline ! La jolie place centrale est bâtie autour d'une fontaine représentant deux étudiants amoureux, désormais symboles de la ville. En s'éloignant du centre, les maisons en bois typiques du pays fleurissent, certaines au sens propre du terme, avec de magnifiques peintures colorées sur le bois. Escale courte, où l'on aurait envie de prolonger son séjour. Il est malheureusement temps de retourner vers Tallinn et l'aéroport pour rentrer. Des euros pleins les poches, pas de blanchiment je vous rassure, juste des pièces à l'effigie du pays pour contenter quelques collectionneurs autour de moi.




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