Le vrai Tallinn, de Rotermann à Kalamaja
Une fois parcouru le vieux Tallinn, ses maisons et ses ruelles trop propres pour être honnêtes, l'on a envie de voir au-delà des remparts à quoi ressemble la vraie vi(ll)e, où vivent ses habitants.
Vers l'est, le quartier Rotermann est en pleine mutation, des ouvriers s'activent, des grues tournoient. C'était autrefois un quartier industriel où des usines fabriquaient de la farine ou du bois, où des entrepôts stockaient des grains ou du sel. Aujourd'hui, il est en train de devenir le quartier chic de Tallinn : les usines et entrepôts sont reconvertis en bureaux et en immeubles d'habitation, un grand centre commercial sort de terre, des terrasses branchées donnent envie d'y faire une pause, un musée s'installe dans le beau hangar qui contenait du sel au siècle dernier, tout est en train de changer ! Seule une modeste église orthodoxe avec son clocher à bulbe subsiste au milieu de cette ville nouvelle, oasis de nostalgie dans la modernité dominante.
Contournant la vieille ville, on longe le port, où les ferries affluent avec leur cargaison de Finlandais en quête de sensations fortes et d'alcool bon marché, port qui commence tout juste à se transformer quant à lui, mais dans quelques années, les rives de la Baltique seront à n'en pas douter aménagées pour que l'on puisse flâner et se sustenter au bord de l'eau. Plus à l'ouest, le quartier de Kalamaja. Je trouve ce que je cherchais, un endroit au calme, où les maisons ne sortent pas tout juste de terre, où les tallinniens prennent leur temps. Beaucoup de maisons en bois montrent à quoi ressemblait la ville aux siècles précédents : certaines sont bien retapées, juste ce qu'il faut, d'autres ont besoin d'un bon coup de peinture ; les portes colorées surmontées d'une marquise se succèdent, les jardins et arrière-cours donnent envie de s'y poser au calme. Il s'agit de l’ancien quartier des pêcheurs, qui vit encore un peu au rythme d'antan. On s’aperçoit par endroit que l'on aborde un zone russophone (la ville est composée pour moitié de gens parlant russes, venant de la Russie voisine), la langue slave ne sonne pas comme l'estonien, et d’antiques voitures de marque Moskva stationnent dans la rue, on a un peu changé de pays l'espace de quelques rues.







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