Tallinn, ville musée ?

Je complète ma collection de pays baltes avec l'Estonie : vous voyez, c'est le plus petit, celui qui est empilé tout en haut des trois sur la carte, en bordure du golfe de Botnie et en face de la Finlande. Après donc la Lituanie et la Lettonie il y a 2 et 3 ans, j'atterris à Tallinn un lundi soir tard. Comme nous sommes en juin, et pas si loin du cercle polaire, il fait encore bien jour à 11 heures du soir. 

Dès le lendemain matin, direction la vieille ville de Tallinn. Elle a indéniablement du charme, avec ses remparts bien préservés qui subsistent sur une bonne partie du périmètre, ou encore sa colline (Toompea) et son château qui dominent la ville basse. Cette ville basse est bâtie autour de la place de l'Hôtel de Ville, bel édifice médiéval du XVème siècle, place qui est aussi, et c'est là que le bât blesse, le point de ralliement de très nombreux touristes. Du coup, les seuls Estoniens que l'on voit sont les serveurs et serveuses, parfois déguisés avec des costumes médiévaux, qui servent des bières à des nuées de buveurs allemands, finlandais ou russes. Tout autour et dans la ville basse (Vanalinn), les échoppes pour touristes et les restaurants s'alignent le long de ruelles qui ont souvent l'air échappées d'un décor de film, ou pire d'un Disneyland balte. Je retrouve la tendance qu'ont certaines villes historiques d'Europe centrale (voir aussi Varsovie ou Prague) à mettre en scène leur passé, en ravalant les bâtiments, en installant des pavés rutilants au sol, en ripolinant leur vieille ville jusqu'à ce qu'elle ressemble plus à un décor qu'à un endroit où habiter. Du coup, les maisons hanséatiques sont trop belles pour être vraies, les remparts ne demandent qu'à reprendre du service, et les pavés brillent comme des sous neufs. 
  


La ville haute est aussi pimpante, mais présente cet avantage d'être exempte de boutiques et restaurants, sans doute pour préserver la tranquillité du gouvernement et des parlementaires qui siègent là-haut, et du coup est un havre de paix comparée à l'animation factice qui règne plus bas. Quelques terrasses offrent de plus une vue imprenable sur la ville entière, les quartiers plus périphérique, le port au-delà, la mer et quelques îles au loin.


Le soir venu, je me rends au Théâtre National qui programme ces jours-ci un festival de guitare. Concert original avec un groupe (espagnol : Sinfonity) de 10 guitaristes (électriques) qui jouent de la musique (classique) ! Les 4 Saisons de Vivaldi en mode AC/DC, c'est assez baroque, et ma foi plutôt réussi, malgré son air plutôt gadget. Le spectacle est aussi dans la salle : un public endimanché qui s'est parfois mis sur son 31 pour sortir, en phase avec les lieux, mais qui tranche avec le style hard rock des guitaristes !

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