Dans les pas de Rosa Parks à Montgomery

Finie la côte et le Golfe du Mexique, cap sur l'intérieur, l'Alabama profond, le Deep South, et sa capitale Montgomery. La ville est avant tout connue pour son rôle dans l'émancipation des Noirs et leur lutte pour les Droits Civiques. Quelques Parisiens de l'Est connaissent Rosa Parks depuis que celle-ci a donné son nom à une station de RER toute neuve sur la ligne E. L'histoire de Rosa Parks se déroule à Montgomery, là où, en décembre 1955, alors que la ségrégation raciale en vigueur dans le Sud sévit aussi dans les bus de la ville, elle refuse de céder sa place assise à un passager blanc, et se retrouve arrêtée et emprisonnée. Ici commence une des premières étapes de la libération des Afro-Américains (comme on dit là-bas), avec le boycott une année durant des bus, la mise en place de transports solidaires en remplacement, l'organisation des volontés sous l'égide d'un certain Martin Luther King, pasteur à Montgomery à cette époque, et qui y fit ses premières armes, aboutissant à l'abolition de la ségrégation dans les fameux bus début 1956. Rosa Parks y gagna ses galons de détonateur de la cause noire, et Luther King devint le leader du mouvement des droits civiques aux US. Un musée retrace de manière didactique et imagée cette épopée, comme les Américains savent (parfois) bien faire. En complément, le mémorial dédié aux victimes du racisme aux USA, retrace de manière plus large l'histoire de cette lutte, une jolie fontaine plate et noire, sur laquelle sont gravées les noms de 40 victimes, ainsi que les étapes clés des progrès accomplis. A côté de cela, Montgomery, bien que capitale d’État, avec son Capitole, miniature de celui de Washington, a des airs de ville provinciale endormie, aux rues vides, qui deviennent vite envahies par les herbes folles dès que l'on quitte l'hyper-centre. Ces villes américaines moyennes sont ainsi souvent surprenantes, alignant des hôtels de luxe, des bâtiments officiels tout en colonnes (ils adorent ça !), et juste à côté des terrains vagues désolés et des baraques déglinguées.
 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque