Chantilly, Château, Cheval : chapeau !

Parmi les châteaux qui frangent l'Île-de-France, cela fait longtemps que nous n'avons pas parcouru celui de Chantilly.  En cette belle journée du mois d'août, une petite heure de route nous amène dans la jolie ville de Chantilly. Nous y commençons par le Potager des Princes, l'ancienne faisanderie du domaine dont les jardins furent dessinés par Le Nôtre, aménagés ensuite en potager. A notre arrivée, on nous conseille de ne pas rater une course au "lapinodrome" : en effet, trois lapins dodus et colorés s'affrontent sur une piste à obstacles pour rejoindre en premier une carotte ou autre friandise. Bon, ce n'est pas très spectaculaire et c'est rapide, même si le cornac peine à faire avancer son cheptel, mais les enfants sont ravis. A côté, la basse-cour naine aligne non seulement des lapins, mais aussi des poules ou des canards, dans des bicoques en bois représentant un village. Plus loin, nous croisons aussi des chèvres, des dindons, des poneys, des carpes. Nous arpentons soigneusement les espaces du parc, de la bambouseraie au jardin japonais, des étangs au verger, jusqu'au jardin à la française qui tente difficilement de résister à la canicule ambiante. Mais l'endroit reste agréable, et permet de trouver ombre et fraîcheur au cœur de la ville.

Non loin de là, le Pavillon de Manse est établi au bord de la Nonette, la petite rivière qui traverse la ville. Il abritait naguère une roue à aubes et des pompes qui permettaient d'alimenter le réservoir du parc du château voisin, et par conséquent les fontaines et jets d'eau qui le parsèment. Plus récemment, le Duc d'Aumale y installa une blanchisserie que l'on peut encore visiter aujourd'hui, puisqu'une association a remis d'aplomb l'installation et la fait visiter. Nous avons droit à une visite guidée privée sous la houlette d'une charmante et attentive dame, qui nous fait même admirer les mécanismes qu'elle met en branle.

 


Nous continuons notre balade par une boucle le long des bras de la Nonette, sur laquelle s'activent cygnes et canards, ainsi qu'une famille de poules d'eau en train de construire son nid au milieu de la rivière. À une extrémité, la vue se déploie vers le Grand Canal qui traverse le parc du château que nous visiterons le lendemain.

 

Nous logeons en plein centre-ville dans le confortable Hôtel de Chantilly, avant de dîner à la Villa Chantilly, le seul restaurant ouvert en ce lundi soir, et où la pitance se révèle fort médiocre.


Le lendemain est consacré à l'objectif principal de l'excursion, le château des Princes de Condé. C'est sur le socle d'une ancienne forteresse que fut reconstruit le Grand Château au 19e siècle, dans lequel on pénètre par une grille flanquée de statues, puis par la cour d'honneur. Nous entamons un grand tour du parc, d'abord par le jardin anglais et ses "fabriques", telles le temple de Vénus ou l'île d'Amour, puis longeons la Manche et le Grand Canal jusqu'à la cascade tout au bout. Nous revenons par le Hameau avec ses cinq maisons rustiques à colombages, dans l'une desquelles on peut encore se restaurer de nos jours : nous y dégustons des entremets largement nappés de crème chantilly, l'authentique, dont la saveur s'avère en effet délicieuse, riche sans pourtant être écœurante.



 

Nous finissons notre visite en parcourant le château, richement meublé et décoré, donc les dorures ne déparerait pas son riche alter ego de Versailles. La collection de tableaux anciens est l'une des plus riches du pays, mais je suis surtout ébloui par le cabinet des livres, avec sa superbe collection de manuscrits, dont les célèbres Très Riches Heures du duc de Berry, même si ce n'est qu'un fac-similé qui est exposé.

 


La dernière étape de notre visite sera pour les Grandes Ecuries, puisque Chantilly est aussi la capitale du cheval. Dans la cour de celle-ci, le sol sableux sert de terrain d'entraînement aux équidés, et justement une Amazone y fait travailler son cheval tandis que nous rejoignons le Musée du Cheval voisin. Même si je ne suis pas un grand aficionado de la gente équine, le musée couvre de manière complète le cheval sous tous ses aspects, des accessoires et de la technique jusqu'aux œuvres d'art y ayant trait. À la sortie, les écuries abritent toujours une douzaine de canassons sous les hautes voûtes de  la construction. Dehors, le vaste hippodrome est à l'arrêt en ce mois d'août, il faudra revenir si l'on veut en goûteur l'animation des courses hippiques en saison...

 


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