En Etampois, chiche !

Une dernière petite sortie francilienne avant le départ pour le grand Sud algérien dans trois jours, va pour une journée à Étampes, au bout de la ligne RER C dans l'Essonne. Une heure et demie de train et je débarque dans cette ville, tout au sud de l'Ile-de-France. Comme on ne le sait souvent pas, elle a des racines qui s'enfoncent loin, puisque son nom date des Francs, au 6ème siècle de notre ère. On y croise ensuite Carolingiens, Mérovingiens, Capétiens, puis Étampes sera offerte à des favorites royales comme Diane de Poitiers (Henri II), ou Gabrielle d'Estrées (Henri IV), lesquelles n'y résideront pourtant guère fréquemment. Étampes est aussi un haut-lieu de l'aviation naissante au début du 20ème siècle : Blériot s'y prépare pour la traversée de la Manche, son école d’aviation est une pépinière pour de nombreux pilotes, et c'est ici que naît la Patrouille de France.

Avant midi, je parcours rapidement le vieil Étampes, commençant fort classiquement par l'Office de Tourisme. Celui-ci est joliment installé dans l'Hôtel Anne de Pisseleu (encore une favorite, de François Ier celle-ci !), avec son échauguette et jouxté d'une tour octogonale, et vaut de s'y arrêter, avec un accueil efficace et sympathique ainsi qu'une profusion d'informations. Juste à côté, le majestueux Hôtel de Ville, bien modifié au fil des siècles (en néo-gothique, puis néo-classique) rappelle la riche histoire méconnue d’Étampes. Et non, loin de là, près de la rivière, la plus ancienne maison Renaissance de la ville, l'hôtel Saint-Yon, dont les lucarnes portent encore le porc-épic de Louis XII et le A d'Anne de Bretagne.

La rue de la Roche Plate ouvre sur la rivière d’Étampes, le début d'un labyrinthe de rus qui serpentent dans la commune, une belle balade à faire au fil de l'eau quand je reviendrai. La Collégiale Notre-Dame-du-Fort est un autre haut-lieu étampois, avec un portail royal datant de 1135, comme l'édifice lui-même, fondé par le roi Robert le Pieux qui habitait (parfois) la ville.

Je m'arrête déjeuner au Romarin, petit resto avec cuisine maison et de saison (excellents suprême de volaille et mille-feuilles), complet ce midi avec un grand groupe de "travailleuses" fêtant visiblement un événement professionnel. Je remonte par la rue de la République, devant l'hôtel Diane-de-Poitiers (favroites, suite), invisible car en pleins travaux. Tout comme la Tour de Guinette plus haut sur la colline, donjon de l'ancien château construit sous Louis VI et VII à flanc de coteau, excellent point de vue sur la vallée courant vers Paris.

J'ai prévu l’après-midi une bonne balade à travers la campagne, en guise d’entrainement au trek algérien. Cela fera une vingtaine de kilomètres pour remonter vers le nord, à travers Brières-les-Scellés, entre champs et bois sur un chemin bien détrempé, puis Etrechy et son ancien moulin de Vaux, Auvers-Saint-Georges et un bout de route peu agréable pour rejoindre Chamarande, mon objectif d'où je reprendrai aussi mon RER pour Paris.

 

Le Domaine Départemental de Chamarande est un joyau bien caché dans cette extrémité de l'Essonne, dont elle est le plus vaste jardin public (98 hectares). Un grand jardin donc, doublé d'un bois, avec divers points d'eau et des sculptures, anciennes et plus récentes, qui rythment le paysage. De multiples balades sont proposées, que je n'aurai pas le temps de tester (encore une motivation pour revenir), le long des canaux, fontaines et lacs. Je ne peux guère que faire le tour du château, fermé en cette période, mais qui accueille en saison des créations d'artistes contemporains, tout comme l'Orangerie voisine ou encore la moderne Fabrique.

 

 

 




 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque