Un schluck de Schluchsee
Après le déluge de la veille, le temps semble un peu s'améliorer pour ce vendredi, dernier jour de marche. Comme nous avons récupéré la voiture, nous pouvons l'utiliser pour rejoindre le lac du Schluchsee, le plus grand lac de la Forêt Noire, dont nous avons l'intention de faire le tour. Laissant la Kangoo à Aha (tiens donc, un vieux groupe de rock norvégien !), nous entamons la balade le long de l'eau, tandis qu'un peu de soleil semble vouloir filtrer à travers les nuages, alors même qu'un crachin quasi-breton se met aussi en route. Au moins la lumière est-elle un peu plus chaleureuse que les jours précédents. Sur la rive occidentale, très calme, un chemin, une ferme, rien d'autre, cela reste presque sauvage. Il y a même quelques jolies plages de sable fin et clair, serties d'une eau lacustre transparente, avec des petits rochers ronds en émergeant, plages qui pourraient avoir un petit air tropical quand le soleil est de la partie. Mais c'est déjà pas mal ainsi. Le long de notre chemin, la pluie de ces derniers jours a fait pointer des champignons parfois respectables, notamment des coulemelles, qui font regretter de ne pas pouvoir en farcir une omelette pour le soir. Nous continuons ainsi jusqu'à l'extrémité sud, close par un barrage et une petite centrale hydro-électrique.
Nous retrouvons la route qui suit le lac côté oriental, pour heureusement bifurquer sur un chemin forestier qui va nous mener jusqu'à la ville principale de Schluchsee. Malheureusement, la chape de plomb atmosphérique s'est à nouveau posée sur le paysage, et de surcroît le vent commence à se manifester. Nous arrivons à Schluchsee pour manger sur le pouce sur la place principale, juste en face de l'église Saint-Nicolas. C'est une église moderne, très réussie, par ses volumes et sa décoration intérieure, et notamment ces personnages sculptés dans des demi-sphères tout au long du mur de soutènement, expressifs et originaux. Puis c'est la pause-café traditionnelle dans l'Hôtel Schwarzwald sur la même place.
Il est encore tôt, allons donc refaire le tour du lac, mais en bateau cette fois. C'est un assez gros navire, sur 2 étages qui part une fois par heure pour longer les rives, s'arrêtant à plusieurs reprises le long de son trajet pour débarquer et embarquer des passagers. Il y a une vingtaine de personnes à bord, qui semblent essentiellement là pour manger et boire, puisqu'une buvette propose de quoi se sustenter. De toute façon, le vent balaie le pont en plein air, inutile d'essayer de s'y installer. Nous faisons donc comme tout le monde, hop un petit café pour nous réchauffer.
Après cette pause maritime, il nous reste quelques kilomètres pour rejoindre notre point de départ. Le vent est actif désormais, et c'est dans des bourrasques de vent et pluie mêlés que nous parcourons ce dernier tronçon, à un rythme soutenu, engoncés dans nos capuches, sans même regarder autour de nous, pour achever notre distance péri-lacustre d'une vingtaine de kilomètres.
En revenant dans notre petite vallée, nous jetons un œil à un autre modeste musée, le "Petit Salon" (en français dans le texte). En effet, le peintre Winterhalter, natif du village, a longtemps vécu et exposé à Paris. Peignant essentiellement des portraits de puissants, familles royales ou princières, françaises, belges, britanniques, il est exposé dans de grands musées internationaux (dont celui d'Orsay à Paris), mais je dois concéder que je ne connaissais point. En tout cas, la découverte de sa coquette maison, et de ses œuvres un tantinet académiques du gotha européen, est intéressante.
Nous logeons à l'hôtel Grossbach, très classique, avec une clientèle de personnes âgées (comme nous, en moins mobiles quand même...). Chambre banale, restaurant quelconque, mais confortable, rien de plus à en dire. Ah si, une partie de billard dans une salle au sous-sol, comme souvent dans nos virées marcheuses. Le second soir, nous allons dîner au restaurant Hirschen un peu plus bas, un peu mieux, même si le wiener schnitzel ingurgité ne laisse pas non plus un souvenir impérissable.
Le lendemain, fin de notre semaine badoise. Nous retournons au Schluchsee pour un petit complément de balade, il ne pleut pas, on en profite ! Nous grimpons jusqu'à la Riesenbühlturm, un belvédère métallique émergeant de la forêt pour un point de vue façon grand angle sur le lac et les vallées s'y retrouvant.
Ce n'est pas encore tout à fait fini, nous faisons un autre arrêt sur le chemin du retour aux cascades de Todtnau, les plus hautes du Bade-Wurtemberg avec leurs quasi 100 mètres de hauteur. Ce ne sont pas les chutes Victoria, mais cela reste spectaculaire, et les visiteurs sont nombreux en ce samedi matin à en faire le tour, jusqu'à la passerelle suspendue au-dessus de nous qui relie une montagne à l'autre en surplombant les chutes.
Un dernier stop encore à Fribourg. La ville est très animée, d'autant qu'un festival "Food & Fashion" s'y tient. Mais je ne suis pas conquis, cité sans beaucoup de caractère, assez banale, décevante.
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