Jura profond

Dix ans après une semaine de vacances par un temps exécrable, nous retentons notre chance dans le Jura, dans le Doubs non loin de la frontière suisse, avec plus de succès cette fois. Notre camp de base sera posé dans une petite vallée sur le Dessoubre, dans un gîte récemment aménagé, au calme. Depuis là, les premières balades de mise en jambes nous font longer la rivière qui serpente de concert avec la route, laquelle, petit inconvénient, attire les motards qui aiment parcourir ses douces ondulations, venant même pour cela de la Suisse ou de l'Allemagne voisines. Nous montons aussi jusqu'au tranquille village le plus proche de Bretonvillers, riche d'une église à la toiture vernissée, et d'un surprenant monument aux morts polychrome.

Non loin de là, le cirque de Consolation est une destination plus courue, une reculée verdoyante où se trouvait naguère un monastère couru, dont il reste encore une église et un jardin de plantes médicinales, gérés par une société religieuse. S'y déroule aussi chaque semaine en saison estivale un marché de producteurs locaux, comme en ce dimanche quand nous repartons après avoir fait le plein de miel, de yaourts, de charcuterie du cru. Mais l'endroit vaut surtout pour ses sources du Dessoubre, au niveau de la cascade du Lançot que l'on rejoint en une petite demi-heure de douce montée, pour une mince chute d'eau d'une cinquantaine de mètres au milieu de la verdure. Un autre jour, nous y retournons pour monter jusqu'au Belvédère Sainte-Catherine, qui offre un panorama surplombant le monastère environné des denses forêts jurassiennes de résineux essentiellement.

Mais le lieu le plus emblématique de la région est le Saut du Doubs, à la frontière franco-suisse. Là, c'est le Doubs qui passe, au niveau d'une large chute d'eau de 27 mètres qui l'on peut appréhender d'en bas ou de plus haut. Il forme en aval une large retenue naturelle d'eau, qui serpente au milieu de la forêt, avec un petit air de canyon américain, où l'on peut circuler en bateau. La promenade qui vous amène depuis les hauteurs jusqu'à cette retenue du Doubs vaut les quelques kilomètres qu'on y fait, surplombant la rivière, puis le saut, dans une ambiance verdoyante.




Une autre excursion voisine nous emmène jusqu'au château de Belvoir. Perché sur un promontoire qui domine la région, ancien lieu d'un oppidum gaulois, il occupe depuis plusieurs siècles un site magnifique. Il fut acheté au siècle dernier par un peintre local, Pierre Jouffroy, qui le restaura, et dont la famille possède, gère et habite encore les lieux. La visite guidée, entre le petit-fils et la fille du peintre, donne lieu à un amusant jeu de chamailleries entre les deux descendants. On passe par plusieurs pièces bien meublées, une cave voutée ou la chapelle, parcourant un château qui reste un lieu de vie contrairement à beaucoup d'autres. En repassant au retour par le village médiéval voisin de Belvoir, une longue rue sous le château, nous admirons ses magnifiques et vastes halles de bois, réputées dans toute la Franche-Comté.







Enfin, les environs du Russey une vallée plus loin sont surtout l'occasion d'y faire des achats alimentaires, dont des emplettes de fromage, comtés et morbier, dans une des nombreuses fruitières qui parsèment la région. Nous y faisons aussi une belle rando d'une après-midi entre champs et bois, depuis Bonnétage jusqu'à Saint-Julien, dérangeant au passage une vache et son veau qui vient tout juste de naître, placenta à l'appui.







Non loin de notre gîte, l'auberge-restaurant de Gigot est fort fréquentée, par motards et automobilistes en goguette dans la région, au niveau d'un pont qui traverse le Dessoubre, où est annoncé le prochain passage du Tour de France cycliste féminin. Nous y dînons un soir, fort bien, avec entre autres au menu joues de porc ou crème brûlée au macvin, arrosés d'un local chardonnay sous voile.

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