Aux trois frontières de Bâle

Depuis quelques années, je me suis mis à explorer un pays que jusqu'alors je négligeais, la Suisse, notre voisine, encore davantage si je considère mes racines alsaciennes. Après Zürich, le Valais, le Tessin, le lac de Genève, je m'attaque en cette fin juin à Bâle, aux confins des frontières allemande, suisse et française, du côté du sud de l'Alsace et du Sundgau. Je m'y rends bien entendu en TGV, variant mon itinéraire puisque passant à l'aller par Strasbourg (changement pour un TER), et au retour prenant le direct via Dijon. Me voici à la gare de Bâle, d'où je rejoins l'appartement loué non loin de là pour une paire de nuits, moderne, confortable, standardisé, bien placé près de la vieille ville. 




Je vais déjeuner dans le quartier dans un resto italien, l'Osteria Little Italy qui fait référence au fameux quartier new-yorkais. Le cadre est cosy, les plats corrects sans plus, les prix ... suisses : 
c'est l'occasion de m'acclimater aux tarifs locaux, d'autant que le Franc Suisse a encore fait un bond de plus de 10% par rapport à l'Euro depuis mon dernier voyage. Puis je vais faire un premier tour dans le centre de Bâle, en direction du Rhin qui divise la ville en deux, par l'animée Steinenvorstadt, l'artère piétonne jalonnée de restos et bars, haut lieu touristique, jusqu'au centre névralgique de la Barfüsserplatz. De là, je rejoins l'historique et rougeoyant Hôtel de Ville, aux peintures murales remises à neuf, orné de la crosse épiscopale noire sur fond blanc, l'armoirie de Bâle-Ville (Baselstadt), de statues non moins rutilantes, avec une cour intérieure richement décorée, le tout un peu kitsch quand même à mon goût.







J'arrive au Rhin, flanqué de maisons colorées qui surplombent le fleuve, aux balcons pouvant tenir lieu de plongeoirs. Car le Rhin est "baignable" à Bâle, les suisses devant bien contrôler les effluents en amont, et une frange en est réservé aux nageurs, le long de la rive droite, ce dont profite avec délectation les locaux en ces chaudes journées d'été. Comme il y a pas mal de courant, l'exercice consiste à se mettre à l'eau en amont, à dériver le long de la rive, souvent accompagné d'un sac-bouée permettant de garder avec soi, et au sec, ses vêtements, et de ressortir 500 ou 1000 mètres plus loin.





Le long de l'Oberer Rheinweg, quelques jolies maisons sont cachées dans la verdure, tandis que les cafés pullulent sur les quais, permettant d'appréhender d'un seul coup d'œil les baigneurs, la cathédrale en face, les bateaux, sortes de pirogues qui servent à leurs heures aux joutes nautiques. En revenant, j'essuie un violent orage, qui sera le seul du séjour, profitant ensuite d'un temps ensoleillé et chaud.

Le soir, je fais un tour au Hauptmarkt, un marché couvert transformé en vaste "Food Hall", où je trouve des stands consacrés aux cuisines du monde, de l'Ethiopie à la Thaïlande, du Mexique à l'Afghanistan, de la Russie à la Turquie. Je jette mon dévolu sur le Vietnam (bon nems) et l'Italie (inévitable gelati). Il y a foule, d'autant que de grands écrans passent des matchs de l'Euro de foot qui se déroule en Allemagne en ce moment. Je regarde une fraction de Turquie - Tchéquie , dont je devinerai sans peine le résultat final plus tard depuis mon appartement, en assistant au défilé des voitures, drapeaux turcs au vent, dans un concert de klaxons, jusqu'à minuit passé : pas sûr que les placides Suisses apprécient tous ces bruyantes effusions !

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