
Dernière étape qui va nous ramener à notre point de départ, Dole, via Lons-le-Saunier. Nous reprenons la raide descente déjà empruntée la veille et repassons par Baume-les-Messieurs pour rejoindre le fond du Cirque de Baume, longeant le Dard, la petite rivière qui s'écoule au fond de cette vallée. Nous devons ainsi passer devant une autre Cascade des Tufs, aussi réputée que sa voisine d'Arbois. Arrivés à son endroit, rien ! Juste un endroit tout sec, des blocs de tuf recouverts de mousse verte, mais pas une goutte d'eau, macache. Probablement un autre indice, s'il en fallait encore, du dérèglement climatique qui avance à grand pas et nous fait marcher sur la tête. Nous passons sous les grottes, je me demande si l'eau qui est censée y circuler est toujours présente. Puis nous gravissons une dernière fois l'un de ces raides chemins qui monte sur le calcaire du fond d'une reculée. Après 200 mètres de dénivelé, le tarif habituel, un belvédère nous permet d'apprécier la Reculée de Baume avec le village et son abbaye au bout, puis nous cheminons tranquillement à travers champs et forêts, par le Bois de Perrigny, avant d'arriver à Perrigny justement, un faubourg de Lons-le-Saunier, pour une dernière heure de marche en milieu urbain. Les traceurs du GR ont réussi, au prix de quelques détours, à trouver un chemin qui longe la Vallière, puis traverse le Parc des Bains, avec son établissement des Thermes, avant de rejoindre la gare. Lons-le-Saunier, sorti de ce parc, ne nous apparaît guère aimable, d'autant que le quartier de la gare, par essence jamais folichon, est en plein travaux. Comme nous avons marché vite, il nous reste une heure à tuer avant le départ de notre car pour Dole, que nous passons dans un bar vieillot et peu engageant, où nous tuons le temps en tapotant nos smartphones et jetant un œil à la faune locale.
Le car nous emmène en une petite heure à notre point de départ, à comparer aux six jours que nous avons mis pour parcourir le trajet entre Dole et Lons dans l'autre sens, par des chemins bien moins droits, et plus bucoliques. Dole apparaît bien plus animé qu'une semaine auparavant, et pour cause, nous tombons sur le week-end gourmand annuel du Chat Perché, en hommage à Marcel Aymé. J'ai d'ailleurs eu du mal à trouver un hébergement pour cette dernière nuit, mais finit par dénicher une belle location, un peu onéreuse, sise dans un ancien prieuré auquel l'on accède par une cour plantée de troènes taillés au cordeau, puis un double escalier pour accéder à notre modeste logement, belle cuisine, vaste séjour parqueté, au plafond en coupoles, un peu sombre toutefois, et deux belles chambres, luxe et volupté pour finir notre semaine de marche sur une note confortable.


Sur une note gastronomique aussi grâce aussi à ce week-end dolois gastronomique. Les rues sont noires de monde, et l'on a parfois peine à avancer, d'autant qu'il fait toujours un temps radieux et que les tables en plein air sont prises d'assaut. Nous parcourons la Grande Rue et la Rue des Arènes, faisant frémir nos narines à chaque stand, avant de contenter nos papilles gustatives Place aux Fleurs, avec des escargots d'un héliciculteur du coin, arrosés d'un verre de savagnin de chez Bonnot. A l'Hôtel-Dieu, d'autres exposants voisinent avec une belle expo photo, qui présente des tableaux vivants autour de la bonne chère, cela va sans dire. L'ambiance est bon enfant, l'on peut acheter un pass donnant droit à des dégustations lors d'un itinéraire gastronomique, mais les ventes sont closes et nous contentons de flâner au fil des rues du centre. Nous passons le Doubs et le Canal du Rhône au Rhin pour fuir un instant l'agitation et regarder la ville par dessus le canal, où sont mouillés quelques bateaux de plaisance, puis poursuivre jusqu'au vaste espace vert du Pasquier, gardé par l'original pavillon des Arquebusiers et sa haute porte cochère. Le soir venu, pas moyen de trouver un restaurant correct qui ne soit pas complet, qu'à cela ne tienne, nous faisons quelques achats chez un traiteur dont la vitrine met l'eau à la bouche, pour un dîner tranquille dans notre prieuré.


Le lendemain dimanche, nos pas divergent après une semaine de concert, ma sœur repart récupérer son auto garée sur le parking en face de la Saline d'Arc, tandis que je reprends le TGV vers Paris. Avant cela, il me reste la matinée pour acheter de quoi égayer notre prochain week-end ardennais, avec fromages et filet mignon fumé entre autres, dans des rues bien plus calmes en ce matin dominical. Côté fromage, je goûte et remmène un comté fruité de chez Juraflore, grande fruitière des Rousses, de belle qualité ; je teste et achète aussi de la cancoillotte, une spécialité laitière (et donc pas un fromage au sens strict), très peu gras, obtenue à partir de lait écrémé caillé additionné d'une pointe de beurre, et aussi un peu fade, qui gagne à être relevé par addition de piment ou d'ail par exemple. Je reste fidèle à mes pratiques en goûtant des bières locales, la palme étant remportée par la Heidrun de la Perle Noire (St-Amour), houblonnée à cru, et à caractère.
Je complète aussi la visite de Dole par une balade le long du photogénique Canal des Tanneurs, avec ses ponts de pierre et son quai fleuri. Puis par le très complet musée consacré à Louis Pasteur, qui m'intéresse particulièrement puisqu'il développe tous les aspects scientifiques des recherches de Pasteur, des vaccins à la fermentation et la pasteurisation, en passant par la chiralité, tous domaines qu'exploite encore l'industrie pharmaceutique de nos jours. Je passe aussi devant la maison de l'autre régional de l'étape, Marcel Aymé, qui est restée une demeure privée, puis pousse jusqu'à la place Jules Grevy et sa fontaine, et au Cours Saint-Mauris qui offre un beau panorama vers les canaux et le Doubs plus bas. Dole me laisse une impression très favorable, riche centre historique, ambiance agréable, lieux de sortie, qui mériteraient d'être revu plus au calme à une autre occasion.
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