Villes ornaises

Profitant comme à l'accoutumée d'un voyage professionnel pour m'octroyer une petite journée de balade dans les environs, et après une matinée dans les hauteurs percheronnes, je me penche sur les villes ornaises, commençant par sa capitale Alençon. Un peu à l'écart des grands axes, routiers et ferroviaires, de l'Ouest hexagonal, elle essaie tant que mal de garder sa place sur la carte,  profitant de la proximité des parcs naturels régionaux voisins du Perche et de Normandie-Maine. Dans la ville elle-même, plusieurs édifices anciens valent qu'on s'y arrête. Près de la mairie, le Château des Ducs est le plus imposant, avec ses deux massives tours jumelles composant le châtelet d'entrée, principal témoin de l'importance du château avant sa destruction. Depuis peu, un parc Simone Veil a été créé dans l'enceinte du château, qui servait il n'y a pas si longtemps de prison. Il amène désormais une respiration de verdure au milieu de cette pierre médiévale, émaillée de jeux d'enfants, mais aussi d'œuvres variées, photographies, sculptures et plaques d'acier vieilli pour une touche supplémentaire d'originalité.

Un autre lieu renommé est la basilique Notre-Dame, de style gothique flamboyant, qui tire sa notoriété de la famille de Sainte-Thérèse de Lisieux, née Martin. Ses parents s'y marièrent, elle y fut baptisée, et les pèlerins s'y rendent en nombre, comme l'indiquent les panneaux retraçant la vie de la famille Martin à l'intérieur de la basilique.

Une autre activité caractéristique de la ville d'Alençon est la dentellerie, inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO, qui est célébrée dans le Musée des Beaux-Arts et de la Dentellerie, lui-même niché dans l'ancien Collège des Jésuites, dont la façade reproduit le fameux point d'Alençon en grand format.



Flânant à travers la ville, l'on tombe aussi au passage sur l'ancienne Halle aux Blés circulaire, l'agréable Parc des Promenades, quelques jolies maisons à pans de bois, ou encore l'ancienne Maison d'Ozé, flanquée de son verger conservatoire. Au total, une halte courte et intéressante dans une ville moyenne qui essaie tant bien que mal de se remettre de la fermeture de son employeur principal, Moulinex, il y a une vingtaine d'années.

Je dispense ma formation dans les faubourgs de la petite ville de Mortagne au Perche, et c'est là que je me pose le soir venu, ayant juste le temps de faire un petit tour de Mortagne, modeste bourg pourtant riche d'une histoire remontant au Moyen Age. Un petit itinéraire au fil des rues me mène ainsi à la porte Saint-Denis, dernier vestige du fort Toussaint, à la Maison des Comtes du Perche, désormais musée du philosophe Alain (tiens), natif de Mortagne, ou encore la Collégiale de Toussaint, comprenant une église et sa crypte, flanquée de la maison du Doyen, et sa tour d'enceinte.

Vers la partie plus récente de la ville, la Halle aux Grains abrite expositions et cinéma, agrémentée par des sculptures en métal. Et aux alentours pullulent les maisons anciennes et les hôtels particuliers, témoins du dense passé de la ville. Sans oublier, last but not least, que Mortagne est aussi un des hauts-lieux du Boudin Noir !


Je loge à Mortagne dans une petite résidence d'appartements sympathiques, insérés dans une des nombreuses vieilles maisons du centre, mais où l'accueil (sic) à l'aide d'un code, sans croiser âme qui vive, s'avère aléatoire et me fait perdre mon temps. Pour diner, je jette mon dévolu sur une de ces "lounges" branchées qui fleurissent partout (ici l'Atelier N9), laquelle s'avère décevante, avec une mise en assiette chichiteuse pour une qualité médiocre (et un tarif élevé), j'aurais mieux fait de rester dans le roboratif classique et local.

Dernière escale le lendemain en repartant, histoire de temporiser en attendant que les embouteillages parisiens de soirée veuillent bien se dissiper. Je m'arrête donc à Tourouvre, qui présente la particularité d'avoir été un des principaux foyers du peuplement du Canada naissant au XVIIème siècle. Un petit musée, la Maison de l'Emigration française au Canada, partie des Muséales de Tourouvre, y retrace cette épopée et la place qu'y ont tenue les Tourouvrains. Cartes de l'époque (j'adore !), anecdotes et rappels de ces pionniers, maquettes des sites canadiens, reconstitutions de scènes, une belle découverte de cette histoire particulière du Perche, dans un espace dont je dispose pour moi seul en ce jeudi soir.







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