Paris, murs, murs...

Depuis longtemps je suis friand de ces peintures murales qui prolifèrent dans les grandes villes, pour le meilleur (souvent) et le pire (parfois), et je ne pouvais évidemment passer à côté de l'exposition "Capitales" qui se tenait sur ce thème, à la Mairie de Paris. Du coup, c'est l'occasion pour des œuvres créées dans la rue, exposées aux intempéries et aux regards des passants, de rejoindre le cadre feutré d'un musée, en l'occurrence des couloirs de la mairie. Ce transfert pas évident à première vue est réussi, les dessins muraux trouvent naturellement leur place dans ces sortes de ruelles reconstituées et escaliers intérieurs, dans un cadre qui mime (un peu) la vraie ville et qui permet de les faire ressortir de manière différente. En prime, on en apprend beaucoup (sans forcément vraiment retenir) sur l'histoire des graffitis (comme on disait à une époque), sur les artistes d'hier et d'aujourd'hui, sur les différents styles, ou sur l' "école" parisienne vs. nord-américaine.

En prime, en sortant par la traditionnelle boutique de l'expo, je tombe sur un petit guide de balades "street art" dans Paris, que nous nous empressons de tester quelque temps plus tard. Nous jetons notre dévolu sur une promenade dans le XIIIème, connu comme étant la Mecque du sujet dans la capitale, alliant œuvres de commandes sur de larges espaces et peintures plus artisanales dans d'autres recoins. C'est la mairie du XIIIème qui a initié ce projet Boulevard Paris 13 en 2009, le long de la ligne 6 du métro, créant un vrai musée à ciel ouvert. Nous voici donc partis de l'avenue de France, à la limite d'Ivry, vers le nord, en traversant les nouveaux quartiers des Grands Moulins, puis de la Très Grande Bibliothèque, passant par la Halle Freyssinet de la Station F, où s'est installé un immense "Food Market" décoré par des artistes de rue. Le Boulevard Vincent-Auriol aligne les grandes fresques sur les pignons aveugles des immeubles, comme ce Docteur House pixelisé d'Invader. Il est dommage de ne pas avoir de description, sous forme papier ou en ligne, de toutes ces peintures murales, dont à défaut de connaître l'auteur et le nom, nous devons nous contenter d'admirer les couleurs ou l'originalité, en tentant d'en retirer une signification. Comme cette danseuse très BD qui survole la ville, cet enfant qui regarde un soleil rougeoyant à s'en brûler les yeux, ou ces pandas paresseux éparpillés dans les arbres. Je mitraille un peu partout, de manière désordonnée, ici un chat, là un arbre au feuillage rose, là encore un enfant chewing-gum. C'est sans doute le meilleur endroit de Paris pour le street art.


Après la place d'Italie, l'itinéraire nous fait grimper dans le quartier de la Butte aux Cailles. Le style change complétement, plus de grandes fresques un peu solennelles, place à du street art moins structuré, plus intime, où des artistes s'approprient le moindre coin de mur à l'aide d'une bombe, d'un pochoir, ou de papiers collés. C'est notamment le terrain de jeu de la regrettée Miss Tic, avec ses slogans percutants sobrement illustrés en noir et blanc. On y trouve d'innombrables dessins de peintres parfois connus (Jace, Demoiselle MM, Smile, Seth) et de parfaits inconnus, ça vibre de partout, les œuvres se créent, s'effacent disparaissent, le brillant côtoie le médiocre, c'est souvent magnifique, et apporte au quartier une ambiance particulière arty, colorée, vivante, qui vaut de prendre quelques heures à zigzaguer au fil des rues, un peu au hasard tant l'art mural est partout.











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