Sur les GR4 et G30
Cette deuxième étape est un peu moins pentue que celle d'hier, et que celles des jours suivants. Le début du trajet se déroule dans la plaine de Laschamps, à slalomer entre les nombreux petits puys qui parsèment le chemin : puys de Laschamps, Pelat, Mercoeur, Monteillet, Lassolas, Montjugeat, Pourcharet, Montgy, se succèdent ainsi de part et d'autre de notre parcours, offrant de petits monticules bien symétriques qui culminent à 1255 vertigineux mètres pour le plus "élevé". Après ce parcours des puys, on passe par le hameau de Recoleine, où nous avons la surprise de croiser quelques lamas paissant tranquillement au bord de la route, voilà qui change des sempiternels chèvres et moutons. Plus loin, on croise aussi ces imposantes vaches de Salers rousses, aux cornes agressives. Dans un pré, un troupeau de moutons abrite une multitude d'agneaux, dont plusieurs nouveau-nés qui ne doivent pas avoir plus que quelques heures ou jours, c'est la période de mise bas.
Plus loin, un peu avant Orcival, le GR 441 rejoint le GR 30, qui fait le Tour des Lacs d'Auvergne. Dans la belle vallée du Sioulot, Orcival est une étape marquante, un joli village de moyenne montagne, avec ses maisons aux beaux toits en lauze, mais surtout connu pour sa Basilique Notre-Dame, une église romane du XIIème siècle, à la silhouette caractéristique, telle une chapelle fortifiée dont la tour de clocher, d'origine, domine la place centrale du village, s'encastrant de l'autre côté dans le flanc de la vallée. Elle attire forcément du passage, comme en témoignent quelques commerces qui seraient incongrus dans un village lambda, et notamment une maison de la confiserie et du chocolat, sans oublier hôtels et restaurants de qualité.
Le dernier tronçon va nous faire rejoindre le lac de Servières, en grimpant dans les champs, puis la forêt jusqu'à ce lac tout rond, bien caché dans les bois, un peu isolé, sans habitations dans les environs, juste un café-gîte qui va nous accueillir pour la nuit. Cette fois, pas de chambre particulière, mais un dortoir à la dure, où nous nous retrouvons seuls, les autres marcheurs partageant pour leur part les deux autres dortoirs. Repas en commun entre gîteux-marcheurs, nous n'intervenons guère dans la conversation, puisque comme souvent, il y a le ou les bavards du jour qui monopolisent la parole avec des anecdotes plus ou moins intéressantes, souvent pour raconter leurs chemins parcourus un peu partout en France. Au moins un beau coucher de soleil nous permet-il de nous changer les idées et de détourner notre attention.
Le lendemain matin, nous refaisons un tour de lac, vraiment beau avec son eau bleue, sa forme toute ronde, ses cailloux et troncs d'arbre qui dessinent des arrondis ou des droites sur l'eau. Puis nous grimpons dans la forêt pour rejoindre la crête, dominant le paysage. Au passage, l'on admire le point de vue sur les Roches jumelles de Tuilière et Sanadoire, à l'entrée de la vallée du Sioulot. Puis à parti du Col de Guéry, redescendons sur la lac éponyme. Celui-ci est moins sauvage que son voisin de Servières, puisqu'une route le suit d'un côté, nous le longeons de l'autre, par un sentier bien escarpé qui fait du yoyo entre la surface du lac et ses contreforts, jusqu'à l'auberge du Lac. De là, le chemin remonte sur les hauteurs du Mont Dore, où se situe notre prochain lieu d'étape, passant par des alpages pelés que se partagent bêtes et promeneurs. Nous nous approchons de cette vallée fréquentée où nous allons passer deux nuits pour explorer ses hauteurs.
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