Nouveau tour à Strasbourg, et autour

Comme chaque année, je profite du mois du mars pour retourner en Alsace, passer voir mes parents dans leur résidence avec vue sur le Rhin et Kehl de l'autre côté, et retrouver ma sœur dans sa petite ville de Barr.


Je commence mon séjour au sortir de la gare par un détour très touriste du côté de la Petite France et des Ponts Couverts, avec les quatre tours (XIIIème siècle) enjambant l'Ill, visible depuis le pont-barrage Vauban, qui permet une vue emblématique de l'ensemble depuis le haut de sa terrasse, encore plus avantageuse sous le soleil radieux de ce mardi matin. Je suis toujours fasciné, sur l'une des presqu'îles formées, par la petite maison étroite, propriété de la Mairie, qui occupe tout l'espace, telle un bateau avançant sur l'eau. Le midi, pour me sustenter, je dégote un restaurant dans la Petite France, le Pacific Princess, qui propose des plats à base de poisson, tel ce croustillant délicieux en entrée, ou ce lieu noir à la crème de yuzu ensuite. La salle est presque entièrement réservée, mais comme je suis en solo, on me dégote un bout de table dans un coin. Le décor en forme d'intérieur d'un bateau, bois colorés, bastingages et hublots, vaut aussi le détour, me rappelant celui d'un resto (La Cambuse) que je fréquentai naguère (il y a 30 ans...) : normal, puisque c'est bien le même qui a  changé de nom et de propriétaire !

Je reviens dans les mêmes parages trois jours plus tard, juste avant mon retour en région parisienne. Cette fois, c'est le Musée d'Art Moderne que je vais visiter, le long de l'Ill, juste à côté de l'ex-ENA qui a migré ici il y a quelques années, et qui s'appelle désormais INSP, Institut National du Service Public. Un bâtiment massif, ouvert vers la Petite France et construit autour d'une grande nef vitrée, sur laquelle s'ouvrent les différentes salles. En arrivant, de grandes fresques en noir et blanc, style BD, vous accueillent façon moderne branchée. A l'intérieur, les expositions s'étendent sur une large période, depuis les Impressionnistes, Rodin ou Gustave Doré, natif de la ville, jusqu'à des œuvres résolument modernes (et souvent incompréhensibles pour moi), en passant par celles  du régional de l'étape Hans Arp, qui légua une partie de sa production, ou des objets Art Nouveau de l'école de Nancy. Et au final une visite enrichissante dans un bel endroit.

 

Autre endroit, autre musée. Pour cela, il faut sortir de la ville jusqu'à Erstein, surtout connue pour sa raffinerie de sucre, et qui héberge aussi l'autre principal employeur de la ville, l'usine Würth, l'énorme quincailler allemand, spécialiste des fixations et assemblage métalliques. Son riche patron est passionné d'art, essentiellement moderne, et ouvert un musée dans beaucoup de ses usines à travers le monde, celui d'Erstein étant le treizième. Son imposante collection participe à des expositions temporaires qui voyagent d'un de ses musées à l'autre. Nous arrivons à la bâtisse moderne sise juste en face de l'usine, devant laquelle les salariés en grève réclame de meilleurs salaires : le patron s'occuperait-il mieux de ses œuvres d'art que de ses employés ? En tout cas, nous sommes quasiment seuls dans le vaste musée, presque trop grand pour l'exposition "Bestia", les animaux dans la collection Würth, des peintures modernes, souvent en grand format, d'artistes essentiellement allemands, auxquelles répondent des spécimens naturalisés prêtés par le Musée Zoologique de Strasbourg. Des interprétations souvent étonnantes, parfois fascinantes, dans un cadre qui vaut le détour, avec en prime un grand parc qui s'étend sur cinq hectares derrière le musée.

Le lendemain, nous franchissons le Rhin, et la frontière allemande, pour permettre à nos parents de sortir un peu de leur home strasbourgeois. Nous les emmenons en Forêt Noire, non loin des endroits que nous avons explorés en vélo en septembre dernier. Pas de grande balade à pied ou à vélo cette fois, juste une halte à l'auberge Hummelswälder Hof, pour profiter de la vue sur la vallée, ainsi que d'une portion de gâteau "Forêt Noire", puisque c'est bien l'endroit pour ce faire.

Le jour d'après à nouveau, un grand soleil illumine les environs, même si les températures restent très fraîches et que l'eau des flaques sur les sentiers reste gelée toute la matinée. Nous partons marcher pour la journée dans les Vosges alsaciennes, 20 kilomètres et près de 900 mètres de dénivelé au bout du chemin, pour un parcours qui nous mène depuis Bernardvillé jusqu'à Andlau en passant par le point culminant du Ungersberg, où nous pique-niquons au sommet d'une tour dominant la plaine somnolant sous une brume tenace. Un passage dans les vignes voisines nous apprend au passage que l'on fait aussi du vin à Hawaii ! D'où cela vient-il donc ? De l'initiative d'un vigneron local, sûrement doué pour les affaires, qui "loue" des pieds de vigne à des acteurs locaux (souvent), mais aussi plus lointains, comme donc la "Sumida Watercress Farm" d'Aieia ! Pour une centaine d'euros, le nom des contributeurs figure sur un pied de vigne, et chaque année, ceux-ci ont droit à une bouteille de vin de leur terroir, le temps de la location. Une idée originale, en plus d'être lucrative, et de faire de la pub pour sa cave ... 

Le soir venu, pour finir cette belle journée d'hiver, nous nous rendons au restaurant gastronomique de Barr "les Cinq Terres", sur la place de la Mairie. Dans un cadre mi-moderne, mi-traditionnel (une symphonie de belles poutres en bois), nous dégustons des plats à la présentation soignée et aux saveurs originales : œuf parfait, carré de cochon de lait, volaille d'Alsace, légèreté coco, arrosés de crus locaux (crémant rosé, pinot gris) ou plus lointains (Côtes-du-Rhône), servis au verre, rassurez-vous !

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