
Deux jours à Tours pour dispenser une formation, jours dont je profite le soir venu pour parcourir les rivages de la ville : ceux de la Loire, les plus fréquentés, mais aussi ceux du Cher, plus au sud, moins connus. Je rejoins la Loire et la passerelle suspendue Saint-Symphorien, qui rejoint l'autre rive en passant par l'Ile Aucard et ses terrains de sport. C'est le lieu de passage des cyclistes, joggers et piétons qui veulent éviter les ponts automobiles en avant et amont. Le soleil du soir rougeoie la Loire et ses bancs de sable, avec en fond de carte postale le pont Wilson alias pont de pierre. Longeant la rive nord, un fouillis de verdure peu accessible, je rejoins le pont Wilson, le plus vieux pont de Tours, construit en pierres et datant du XVIIIème, enjambant le fleuve sur près de 500 mètres. C'est aujourd'hui un pont réservé aux tramways, ainsi qu'aux piétons et cyclistes. L'absence de toute circulation motorisée sur ce large et long ouvrage est appréciable, et permet de goûter les lieux en toute quiétude. Ce soir est jour de tempête, puisque Aurore souffle à plus de 100 km/heure sur tout le nord du pays. Le vent s'engouffre sur le pont bien dégagé, faisant claquer ou même parfois déchirant des drapeaux alignés, une création originale d'une artiste irano-suédoise consacrée à des oiseaux locaux migrateurs, du héron bihoreau à la bondrée apivore en passant le circaète Jean-Leblanc, toutes espèces qui ne s'aventureront certainement guère à voler en ce jour de tempête. De temps en temps, un tramway blanc et aveuglant vient rajouter encore un peu plus de mouvement à l'agitation ambiante. De l'autre côté, il est temps que prendre congé du fleuve et de s'enfoncer dans la principale artère nocturne, la rue Colbert, le long de laquelle abondent restaurants et bars, et où je trouve pour finir ma soirée un bar à bières sympa et bien pourvu en bières originales (Les Dix Fûts), ainsi qu'un excellent restaurant (Le Colbert).
Le lendemain, changement de direction, vers le Cher qui, je l'ignorais, traverse également Tours, la confluence avec la Loire se situant quelque dix kilomètres en aval. Le Cher donc passe au sud de la ville, un peu caché et souvent ignoré des visiteurs ; il est vrai que les quartiers populaires, dits des Rives-du-Cher, qui bordent ses rives n'incitent guère à s'y intéresser. Ces grands ensembles, construits lors des Trente Glorieuses pour loger la population d'une grande ville en plein boum, jalonnent le Cher, sans sembler vraiment s'intéresser à ce cours d'eau situé à l'opposé du centre historique qui doit attirer toute l'attention des habitants côté nord. Pourtant, les choses semblent vouloir changer, une promenade le long de l'eau accueille joggers et promeneurs, un jardin est créé sur les pentes de la berge, et surtout une jolie passerelle, le fil d'Ariane, permet de traverser la rivière pour aller de l'autre côté où un nouveau quartier, les 2-Lions, se développe, alignant notamment des maisons colorées au fil de l'eau. Un peu plus à l'est, au-delà de bâtiments de l'Université, un grand espace vert, le Parc de la Bergeonnerie avec un vaste lac en son milieu joue le rôle de poumon vert de cette partie de l'agglomération, accompagné d'un Centre Aquatique. Non loin de là se trouve le plus grand des jardins familiaux, ou ouvriers, que compte la ville, pas moins de 500 petits jardins qui s'égrènent le long de chemins de terre aux noms de fleurs, dahlias, myosotis, bégonias, narcisses ou magnolias. Des potagers bichonnés, des fleurs qui prolifèrent, des figurines en tissu tenant lieu d'épouvantails, peuplent un grand espace désert en cette soirée de semaine, mais qui doit fourmiller de vie aux beaux jours ou les week-ends. Le retour vers le center se fait par le pont de Sanitas, offrant une somptueuse vue sur les derniers feux du soleil couchant au-dessus du Cher.


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