Traditionnel week-end automnal avec notre groupe d'amis, qui se réunit depuis 15 ans pour passer 2 ou 3 jours ensemble dans une maison louée non loin de Paris. Cette année, ce seront les Boucles de la Seine, à deux pas de Rouen. Une bâtisse massive, de style traditionnel normand, avec ses fenêtres entourées de pierres bicolores, ses deux cheminées, sa toiture à forte pente, nous accueille pour le week-end. Elle est sise dans le petit village de Hautot-sur-Seine, tout en bas de l'une des premières grandes boucles que forme la Seine en zigzaguant paresseusement sur les riches terres normandes avant de se jeter en mer. Rejoindre cette boucle n'est pas si simple que cela en a l'air : pas de pont jeté sur le fleuve qui commence à s'élargir sérieusement à cet endroit, il faut remonter jusqu'à Rouen plus au nord pour trouver un passage, qui, en plus des kilomètres supplémentaires parcourus, implique aussi un surcroît de temps pour passer les embouteillages qui accompagnent le franchissement du pont. Mais le département de Seine Maritime a pallié cet inconvénient en organisant une série de passages par bac, huit au total qui permettent de traverser la Seine entre Rouen et le pont de Brotonne plus à l'ouest. Chaque bac fluvial peut transporter une dizaine de voitures et une cinquantaine de piétons, cornaqué par un capitaine et un matelot, via des aller - retour fréquents. Ces bacs à fond plat sont amphidromes, un mot que j'apprends pour l'occasion, signifiant qu'ils peuvent se déplacer indifféremment dans un sens ou l'autre, évitant donc un retournement, et qu'ils sont conçus comme symétriques. Le passage que nous empruntons à plusieurs occasions, à Petit-Couronne, puis à La Bouille, est bien rôdé et efficace, quelques minutes pour embarquer les véhicules, cinq autres minutes pour traverser le fleuve, en évitant les bateaux qui parcourent le fleuve et se jouant des remous qu'ils génèrent, l'affaire est rondement menée. On comprend l'intérêt de maintenir ce qui peut a priori apparaître comme une survivance nostalgique, et qui se révèle un outil efficace. Sauf quand le brouillard, fréquent dans ces contrées, s'en mêle et entraîne la suspension des traversées, comme nous en ferons l'expérience un matin.

Arrivés dès vendredi en début d'après-midi, par un beau soleil d'automne, nous en profitons pour visiter à pied les environs immédiats de notre chaumière normande. Il ne faut que quelques minutes pour rallier la Seine voisine, passant devant le château d'Hautot, construit sous Louis XV pour une riche famille rouennaise, et qui sert désormais de lieu de réception pour de grandes fêtes type mariage. Cheminant le long de la Seine, rive droite, le contraste apparaît tout de suite entre la rive opposée, industrieuse, où prolifèrent containers, grues, quais de débarquement, et celle sur laquelle nous cheminons, boisée et liserée de belles demeures et autres château (comme celui de Trémauville) qui font face au panorama industriel, distants de 300 mètres à travers Seine, en même temps que d'un ou deux siècles.

Notre balade nous amène jusqu'au bac de de La Bouille, et nous fait traverser Sahurs, un autre village calme, mais qui paraît bien actif pourtant, mairie et bureau de poste, des commerces, quelques restaurants ; il est vrai qu'il n'y a pas pléthore de bourgs de ce côté-ci de la Seine, et que ce point d'ancrage tout en bas de la boucle est bien placé pour en tenir lieu. Le chemin de retour longeant la départementale nous fait enfin passer devant un autre château, celui de Soquence. En fait, on ne voit guère que la maison du gardien de ce côté-ci, alors que c'est surtout le jardin, aménagé en terrasses descendant vers le rivage, qui vaut le déplacement, mais n'est ouvert qu'en plein été.
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