L'Houmeau, Nieul, les faubourgs nord-rochelais

Puisque confinés à La Rochelle - soit dit en passant une bien plus agréable contrainte que d'être restés en région parisienne -, nous voilà à labourer les 10 kilomètres autorisés par cette saison 3 du Covid-19. L'attraction de la mer étant inépuisable, nous avons le choix entre le côté sud, jusqu'à Châtelaillon, et le côté nord, jusqu'à Esnandes, ces deux communes figurant la limite décakilométrique de notre périmètre autorisé. Va donc pour le nord, un bus nous emmène aux confins de l'agglomération rochelaise jusqu'à Esnandes, non loin de la Vendée. De là, un chemin se faufile entre les maisons du village en longeant une falaise cachée par un rideau d'arbre pour nous conduire jusqu'à la pointe de l'Aiguillon, où l'océan s'offre d'un coup à nos yeux, couvrant la large embouchure de la Sèvre Niortaise. Nous connaissons désormais bien le sentier de bord de mer, cabanes ostréicoles d'un côté, photogéniques carrelets de l'autre, longeant des plages de galet ou de petites falaises de calcaire, sur lesquels la lumière changeante varie ses effets selon la météo ou l'heure de la journée. Au bout de notre trajet, nous prenons le Pas de l'Assassin, en référence aux feux qui étaient allumés il y a quelques siècles pour attirer, détrousser et donc assassiner les passagers de bateaux qui se faisaient berner. Puis on retourne vers l'intérieur des terres à la pointe de Digolet, en direction de Nieul-sur-Mer.

Nieul, la proche banlieue rochelaise, 5000 habitants, et on est déjà à la campagne, avec une pointe d'histoire pour pimenter. On arrive par le marais de Gâtineau pour passer devant une station d'épuration bien refaite, un bâtiment en bois, un étang, quelques tables, cela ressemble à une aire de détente plutôt qu'à une station polluante. De là, on longe le ru du Gô qui traverse Nieul, passant devant une belle demeure reconvertie en chambre d'hôtes. D'autres coquettes maisons rappellent que l'endroit devrait servir de villégiature à certains, comme Simenon qui y posséda une maison durant quelques années. Plus loin, domaine en cours de reconversion, le manoir du Portail plonge ses racines, gâbles, pinacles et créneaux au XVème siècle.

Une autre fois, c'est un poil plus au sud que nous allons traîner nos guêtres, du côté de L'Houmeau. Encore plus près de La Rochelle, juste à côté du petit aéroport local, bien calme ces temps-ci, et face au pont qui accède à l'île de . Cette fois, nous remontons la côte vers le croquignolet Port du Plomb, avec son pont en bois, sa digue, ses restaurants à huîtres et derrière les marais. Nous ne sommes pas seuls, cela semble être le point de rendez-vous des confinés locaux qui cherchent l'air marin. Le calme revient en repiquant vers l'intérieur le long des champs de colza, passant devant quelques voitures vintages des années 50 ou 60, dans un champ appartenant sans doute à un amateur de vieilles bagnoles. Le parc de l'ancien séminaire trône au milieu du village, avec sa mairie enchâssée dans les arbres et un pigeonnier. La balade nous emmène à travers champs avant de revenir sur la côte en longeant le marais de Pampin, bien arrangé et redevenu une réserve pour oiseaux marins.









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