D'Aubenas à Vals
Je loge deux jours durant au Pont d'Aubenas, la ville basse d'Aubenas, au bord de l'Ardèche. Ce vendredi matin, il est temps d'aller jeter un coup d'œil à la ville haute, partie historique. Une bonne grimpette m'attend pour commencer la matinée, en empruntant la voie joliment dénommée "Chemin des Anes". Cette situation en hauteur a d'ailleurs généré le nom de la ville, découlant de "Albenate" (en latin, lieu d'en haut), d'où le nom des habitants, les Albenassiens. Après cette introduction culturelle, allons voir la vieille ville, surplombant la vallée sur laquelle une brume matinale stagne encore. Le château des Montlaur est en travaux, en train d'être aménagé en centre d'art contemporain. Pour le visiter, ce sera pour une autre fois. En attendant, la place qui l'accueille est elle aussi en train de faire peau neuve, avec une esplanade ornée de sculptures aux airs de kanji japonais, ma foi plutôt réussies, tandis que la maison aux Gargouilles, la plus réputée de la ville, est une superbe demeure XVème siècle de quatre étages qui fait fièrement face au château.
Le reste de la balade dans la vieille ville est plus maussade, le fond de l'air est gris, les rues un peu tristes avec tous ces magasins fermés, l'ensemble doit avoir plus fière allure aux beaux jours, mais a aussi bien besoin d'un petit coup de ripolin pour mettre en valeur maisons anciennes et ruelles. Heureusement, la vue depuis la place de l'Airette, puis sur le chemin redescendant, vaut le déplacement.
Après Aubenas l'industrieuse, petite capitale de l'Ardèche du Sud, Vals-les-Bains à quelques kilomètres de là offre une toute autre impression. C'est une station thermale réputée, dont on connaît aussi l'eau de table Vals. Le plus attirant dans la ville est le quartier thermal, de style "Belle Epoque", et son parc aux multiples essences, dont un sequoia vieux de 150 ans, où il fait bon se promener en longeant la Volane. Son attraction la plus réputée est la source intermittente, désormais canalisée de manière à offrir 4 "éruptions" par jour, toutes les six heures. Coup de chance, c'est presque l'heure de la représentation vespérale de 18h30, j'attends donc l'heure fatidique devant un parterre de pavés disjoints qui laisse entrevoir l'orifice sourcier. Cela commence par un vague crachotis, puis la source gagne en intensité et offre au bout de quelques minutes un beau panache haut de 2 ou 3 mètres, scintillant au soleil du soir, avant de rejoindre ses origines souterraines, après cette spectaculaire excursion aérienne.
Dernière excursion avant d'aller rechercher mon TGV à Valence, l'oppidum romain de Jastres, à Lussas, non loin d'Aubenas. Trois remparts d'époques différentes s'étagent sur l'éperon rocheux qui domine la vallée de l'Ardèche. Cette fois-ci, la balade d'une heure environ qui mène à l'oppidum depuis la route, puis longe la falaise au-dessus de la rivière, est faisable, en contournant les parties inondées ici et là. Il était temps : juste après, un rideau de pluie apparaît et se déverse sur le pays ardéchois. Pas grave, il est de toute façon temps de rentrer dans mes pénates franciliennes.
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