Retour aux sources (de l'Ill)


Un séjour en Alsace, c'est l'occasion comme souvent d'un retour aux sources, près des berges de l'Ill (tiens, cela m'incite à me demander où se trouve la source de l'Ill, l'emblématique rivière du centre de Strasbourg : c'est à Winkel, tout à fait au sud du Haut-Rhin, tout près de la frontière suisse). Je rejoins donc en tram le cœur de Strasbourg, longeant cette Ill de mon enfance tandis que le soleil perce, et que la vie court encore quelques jours avant un nouveau confinement. Le pont du Corbeau, la place du Marché au Cochon de Lait (miam, j'adore ce nom !), la terrasse des Rohan, la rue du Maroquin, tous ces lieux parcourus par le passé, à un jet de pierre de mon lycée Fustel de Coulanges, sis place du Château, où je passai il y a quelques décennies 8 années de vie scolaire. Si la grande porte en bois, ouvrant sur le "Grand Lycée", reste fermée ce matin, celle du "Petit Lycée" (alias annexe Fustel) est ouverte dans la petite rue des Ecrivains à l'arrière. "Ma" cour de récréation accueille désormais quelques administrations ou associations, telle le Forum Franco-Allemand, mais à part ces enseignes nouvelles, rien n'a vraiment bougé, du préau sombre au fond aux austères façades en grès. Je n'aurais qu'à pousser une porte pour me retrouver dans ma classe de CM2, du moins en ai-je l'impression.

A deux pas du lycée (littéralement) se trouve la célèbre Horloge Astronomique de la cathédrale, devant laquelle je suis passé quelques centaines de fois par le passé, sans jamais vraiment avoir eu la curiosité de me pencher sur son histoire, dois-je avouer. Il est grand temps de combler cette lacune ! Il y a tous les jours une visite guidée des lieux à midi, me voilà donc à faire la queue en compagnie de touristes, plus nombreux que prévu en ces temps de disette, gestes-barrières un peu oubliés soit dit en passant. L'horloge que l'on voit de nos jours est la troisième version, les 2 premières ayant cessé de fonctionner depuis belle lurette : la plus ancienne datait de 1350, la suivante du XVIème siècle qui tomba en rade juste avant la Révolution de 1789. Celle que l'on admire aujourd'hui fut construite par Schwilgué dans les années 1840, utilisant le coffrage de la seconde horloge. Une des réalisations les plus impressionnantes est le "comput ecclésiastique", ce mécanisme complexe qui permet de déterminer à l'avance les fêtes mobiles de l'année à venir, presque un ancêtre de programme informatique. Plus visuels sont les automates qui défilent avec régularité, un ange qui sonne une cloche, 4 personnages représentant les âges de la vie, et une fois par jour sur les coups de midi, le coq qui chante et bat des ailes. Juste en face de l'horloge, le célèbre pilier des Anges (1230) empile les sculptures, les évangélistes, puis des anges jouant de la trompe, enfin le Christ entouré d'autres anges.
 





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