Les chameaux du Landsberg
Me voici en Alsace pour quelques jours, pour affaires familiales comme on dit. C'est toujours un plaisir renouvelé que de me retrouver sur la terre de mes racines alsaciennes, puisque bien que vivant depuis 37 ans maintenant en Région Parisienne, je me sens toujours alsacien avant tout. Un des symptômes de cette addiction est par exemple le fait que, footeux dans l'âme, je sois toujours supporter invétéré de mon cher Racing Club de Strasbourg, et non d'un Paris Saint-Germain sans âme, au point que je me suis arrêté dans Strasbourg au magasin du "Racing" (comme on dit quand on fait partie de la secte), pour en ressortir avec 2 masques aux couleurs du club, que je pourrai porter fièrement dans la métro parisien !
Quand je suis en Alsace, logé comme à l'accoutumée chez ma sœur à Barr, au pied des Vosges, une balade à pied dans les sentiers voisins fait partie des habitudes, d'autant que les châteaux qui prolifèrent offrent quelques objectifs raisonnables. Cette fois, ce sera celui du Landsberg, sur la commune de Heiligenstein. Après une jolie montée à travers bois, on rejoint à 580 mètres d'altitude ce château datant du début XIIIème, construit par un certain Conrad Landsberg. Le château principal culmine avec son donjon carré, toujours imposant malgré le poids des ans, accompagné d'un château inférieur et d'un château occidental plus résidentiels, comme en témoignent ouvertures ogivales ou fenêtres cintrées, à côtés de plus agressives meurtrières. La végétation a repris le dessus puisque le château semble devoir rester dans son jus, sans grand projet de réhabilitation, et c'est sans doute mieux ainsi. Il s'agit juste d'éviter des effondrements qui abimeraient un peu plus les lieux, voire risqueraient de blesser des visiteurs de passage.
Mais il y a bien d'autres Landsberg un peu partout dans les régions germaniques : depuis la prison bavaroise où fut incarcéré Hitler dans les années 20 (trop brièvement hélas) jusqu'à l'arrêt de tramway de Strasbourg sis près de la rue du Landsberg, sans oublier deux restaurants sis à Barr.

Nous rentrons par le Chemin des Chameaux, marqué par des bornes en grès aux bas-reliefs chameliers. Quel drôle de nom au milieu de la forêt alsacienne ! L'origine en est la légende de la Croix reliquaire de Niedermunster, qui veut qu'un chameau vint apporter la croix monumentale au monastère du Bas du Mont (= Niedermunster). D'où les 27 bornes portant un écusson généralement martelé à l'avant, et le fameux chameau (ou plutôt dromadaire !) caché à l'arrière. Voilà qui est plus exotique que nos bêtes cigognes, à quand des hippopotames ?
Nous rentrons au travers des vignes qui surplombent Barr, dans un beau florilège de jaunes, de verts, de rouges, magnifiés par la lumière d'un soir d'automne ensoleillé. Voilà qui donne soif, un bon prétexte pour déguster en rentrant un klevner d'Heiligenstein.




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