Deux châteaux en Bourgogne
Bâtir des châteaux en Bourgogne fut une occupation populaire dans le passé comme en témoignent les nombreux édifices qui constellent la région. Rien que dans le périmètre immédiat de la petite commune où nous passions le week-end avec des amis, Gland, l'on peut en compter pas moins de trois. Nous ne visiterons pas Ancy-le-Franc, le plus connu sans doute, mais plutôt ceux de Tanlay et de Maulnes. Si le nom de Tanlay ne rencontre sans doute aucun écho dans votre esprit, ce n'est sûrement pas le cas de "Angélique, Marquise des Anges", le pourtant très oubliable film de Bernard Borderie qui est devenu culte près de 30 ans plus tard. Tout un épisode s'en déroule dans et autour du château de Tanlay, datant du XVIème siècle, que nous n'aurons pourtant pas l'heur de visiter. Nous nous contenterons des jardins, et d'une balade le long du Grand Canal long de plus de 500 mètres, qui nous amène jusqu'au nymphée Renaissance tout au bout, longé de l'autre côté par un golf. Vu de l'extérieur, le château lui-même est imposant avec ses deux obélisques bizarrement orientaux qui encadrent le pont. Le contraste avec le modeste village endormi est encore plus frappant.
Mais nous retiendrons surtout la découverte dimanche matin du château de Maulnes. Loin des canons très classiques des autres châteaux du cru, celui-ci apparaît d'abord de loin, sur une butte au-dessus de la forêt, comme un bâtiment sans grâce, avec des airs de HLM de campagne. En plus, de vilaines barricades le jouxtent et ajoutent à la méfiance. Pourtant, sous la houlette d'un guide érudit et facétieux, la visite s'avère passionnante. L'histoire des lieux d'abord, essentiellement conçus par la Comtesse de Tonnerre, Louise de Clermont, qui voulut que cet endroit puisse rivaliser avec ses voisins d'Ancy et de Tanlay, et comme ce ne pouvait l'être par la dimension, cela serait par sa conception. La construction selon un plan pentagonal est unique au monde, et s'organise autour d'un escalier central en colimaçon, lui-même surplombant au sous-sol un bassin (nymphée), qui se prolonge à l'extérieur, alimenté par 3 sources. Quatre niveaux successifs se succèdent, avec des pièces d'apparat et les chambres de Louise et de son mari Antoine. Une touche de modernité frappe aussi avec cette salle de bain au décor peint, ainsi qu'une étuve et son local de chauffe. Au-dessus, les combles soulignent la complexité des voûtes en bois. La visite s'achève sur la terrasse, flanquée de cinq cheminées (bien entendu), avec un lanternon central qui laisse entrer la lumière dans le puits. Discutant avec le guide après la visite, nous en apprenons plus sur la restauration du château, propriété du Département depuis 1997, qui l'a retapé ces dernières décennies, avant de céder son exploitation à un groupe privé, lequel s'attelle maintenant à la tâche de réinviter un jardin autour de ce château si original.



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