Les carrelets d'Angoulins
Après cette semaine à marcher sur l'ile de Ré, retour sur notre base de La Rochelle, des fourmis dans les jambes. Va donc pour une prolongation, toujours le long de la mer, au sud, puis au nord de la capitale de l'Aunis. Le début de la balade est ultra-classique : depuis le Vieux Port, puis le vaste port des Minimes, le sentier longe l'océan en traversant des jardins publics où cohabitent promeneurs à chien et cyclistes. Vers l'intérieur ont poussé les bâtiments de l'université rochelaise en pleine expansion, et plus loin le monumental hôtel du Département. Puis les champs retrouvent ensuite leur place quand on arrive sur Angoulins, avec sa grande plage, repaire des kitesurfeurs et des véliplanchistes. En longeant toujours la mer vers la pointe du Chay, l'on contourne les bassins ostréicoles en s'offrant de larges ouvertures vers Oléron au loin, et la silhouette familière de Fort-Boyard. La pointe passée s'ouvre la large baie devant Châtelaillon. Il faut quitter la terre ferme, trop urbanisée au sud d'Angoulins, pour marcher au niveau de la mer, sable, cailloux et coquillages, ciel reflété dans les flaques d'eau de mer, en passant sous de majestueux pontons de bois conduisant à ces fameux carrelets caractéristiques de la côte. Les cabanes en bois, avec souvent un toit en tôle, sont construites au bout du ponton, prolongées - parfois - par ce fameux filet rectangulaire, le carrelet, pour les rares pêcheurs qui utilisent encore cet outil. Car pour beaucoup, le carrelet est devenu une cabane d'agrément, achetée ou louée, permettant de passer un peu de temps en communion avec l'océan, en se prenant pour un marin intrépide sur sa coque de noix au-dessus des éléments déchaînés. Si donc les carrelets sont devenus branchés et ont quelque peu perdu de leur authenticité, ils continuent de composer pour les promeneurs de bord de mer un "skyline" magnifique, surtout le soir quand le soleil déclinant jouent de ses rayons avec les nuages et la mer.
Plus loin, nous arrivons sur Châtelaillon, "la" station balnéaire du littoral rochelais, où nous avions croisé l'an passé un certain Raffarin, ex-premier ministre en bermuda et sandales. Les villas chic de bord de mer s'alignent le long de la plage (artificielle), qui sonne un peu vide en cette fin de saison particulière. Nous n'avons guère, ni de courage, ni de temps, pour pousser jusqu'au coin des pêcheurs aux Boucholeurs, ce sera pour la prochaine fois.
Le lendemain, c'est sur la côte nord que nous continuons notre exploration maritime, à vélo cette fois. Après avoir longé l'aéroport, encore plus calme que d'habitude en ces temps covidés, et tandis que le vent tente de décorner quelques bœufs fantômes, nous repassons une fois encore par le charmant port du Plomb, où les rares restaurants qui proposent encore des huîtres du cru s'apprêtent à fermer boutique en cette fin de saison. Remontant à pied sur le plateau qui nous emmène vers Nieul, soulés par la bise marine, nous revenons vite par les bassins à huîtres et la rue du Port pour enfourcher nos bicyclettes et regagner nos pénates rochelaises.

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