
J’avais gardé de mes précédentes visites à Arles l’image
d’une ville un peu endormie, négligemment posée sur le Rhône, attendant qu’un
prince charmant vienne la réveiller. Je ne sais qui joua au Prince Charmant,
s’il s’agit du maire (originalité, un communiste moderne !), ou bien un
nouveau dirigeant des Rencontres Photographiques, toujours est-il qu’en cette
fin août, la ville vibrionne, les terrasses sont remplies, les bons restos et
les cafés branchés pullulent, et une vie culturelle transpire des murs et des
maisons dans les rues. Il est vrai que c’est la période des Rencontres
Photographiques, pour lesquelles je suis venu, lesquelles drainent un supplément de
visiteurs, bien reconnaissables à leurs appareils encombrants en bandoulière.
Mais cela n’explique pas tout. Et si les touristes, comme souvent, se
concentrent autour de quelques lieux de l’hypercentre, le Forum ou la place de
la Mairie, des quartiers à peine plus loin, plus calmes, ont trouvé leur style,
villages dans la ville, comme celui de la Roquette où je loge dans une Chambre
d’Hôtes. Les habitants se hèlent dans les ruelles, avec leur délicieux accent
chantant, vous saluent courtoisement au passage, là une boulangerie est
l’épicentre des voisins, ici une épicerie vend quelques fruits et légumes de la
campagne environnante. Et les ruelles tortueuses, débouchant parfois sur le
large Rhône voisin, se sont déminéralisées, chaque maison semblant vouloir
affronter sa voisine à savoir qui sera la plus verte, la plus jolie, la plus
écolo, construisant des haies végétales le long de certaines petites rues. Il
est probable que si vous allez encore un peu plus loin, au-delà du Rhône par
exemple, cela prenne fin, mais vivre quelques jours en plein Arles est devenu
un privilège.
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| Quartier de Roquette, la nuit |
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| Les murs photographiques de la vieille Arles |
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