Au-delà de Bratislava en longeant le Danube

Après avoir ratissé les rues de Bratislava, il est temps d'aller voir les environs, en utilisant le réseau de bus local, ma foi fort efficace et pratique. J'ai donc jeté mon dévolu sur l'occident, puis l'orient, en direction de la frontière autrichienne, puis hongroise.

Direction l'Ouest d'abord, plus précisément vers Devin et son château. Le château est en fait une immense forteresse qui s'étend sur un promontoire rocheux, surplombant l'Autriche, ainsi qu'en contrebas la confluence de la Morava et du Danube. Cette position stratégique lui a conféré une importance vitale au fil des siècles, et lui a aussi valu d'être attaqué et défendu, détruit et reconstruit plus souvent qu'à son tour, Napoléon ayant été le dernier bourreau du château en 1809. Reconstruit aujourd'hui, c'est devenu un des symboles du jeune pays slovaque, et la balade à travers le château et ses multiples murailles, mais aussi des jardins plus bas, permet de profiter du magnifique site où il est implanté. La vue s'étend au loin vers l'Autriche, au-delà du Danube que rejoint juste en-dessous du château la Morava, les deux cours d'eau assurant la frontière entre Slovaquie et Autriche. Ce qui signifie que cette frontière fut aussi il y a près de 30 ans la limite du rideau de fer qui séparait l'Occident européen et les pays du pacte de Varsovie. En descendant au niveau du fleuve, un émouvant monument commémore les nombreuses victimes qui furent abattues ou se noyèrent en essayant de traverser la Morava, assez étroite à cet endroit, pour rejoindre un espoir de liberté et de prospérité.





De l'autre côté, vers l'Est, mais toujours le long du Danube, le bus nous emmène au-delà des grands ensembles de la rive sud, de quelques bourgs encore ruraux, longeant la frontière de la Hongrie à quelques mètres seulement, jusqu'au tout récent Musée d'Art Moderne de Danubiana. Installé sur une île enserrée par le Danube, c'est un bout du monde à 30 minutes du centre de Bratislava. On se demande pourquoi il a été bâti si loin de la ville, mais le site original, unique même, une étroite bande de terre enveloppée par le grand fleuve, qui semble lutter pour émerger au milieu des flots qui l'assaillent de part et d'autre, permet de comprendre ce choix. Le Danube est large à cet endroit, le petit port sur la rive semble bien loin, un pont et des écluses permettent néanmoins de s'y rendre à pied sec. Et sur ce petit bout de Slovaquie, l'art a posé un pied, et même installé ses vigies en la "personne" d'une série de sculptures qui parsèment le jardin dont la proue fend le fleuve. La lumière du soir magnifie les oeuvres, le soleil et l'eau jouant avec les reflets qu'ils créent pour donner une vie mi-aquatique, mi-terrestre à des créatures fantastiques qui chevauchent le bateau du musée. A l'intérieur, à l'abri du vent et des vagues, tout est soudain calme, d'autant qu'il n'y a quasiment personne en ce jour de semaine. L'architecture fort réussie du bâtiment offre des échappées sur le Danube, les oeuvres modernes vous parlent, ou ne vous parlent pas, selon votre humeur et votre sensibilté, et plus prosaïquement la salle du restaurant à l'extrémité ouest, baignée de soleil, offre des moments de tranquillité à profiter sans se presser de la quiétude des lieux. Un bel endroit qui mérite le détour.





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