Jeux de lumières berrichons

S'en retournant sur Paris, l'on fait une dernière halte dans le Cher, l'occasion d'aller (re)voir Bourges et Noirlac. En commençant par Bourges, en fin d'après-midi ce dimanche de début août. L'heure est propice pour apprécier les splendides vitraux de la cathédrale, que le soleil descendant illumine : quelles couleurs ! Le rouge intense et le bleu profond rivalisent de lumière, les reflets sur les colonnes de la cathédrale complètent l'effet. Et dire que certains des vitraux ont 800 ans ... Pourtant, leur éclat n'est pas atténué (ils doivent quand même être entretenus comme il le faut), et la modernité du graphisme est saisissante. Malgré mon statut d'athée assumé, je suis émerveillé par cet étalage de couleurs et de formes ; il me faudrait sans doute une explication d'images pour interpréter les histoires racontées par ces vitraux, mais la vision brute de ces chocs de lumière est en elle-même presque surnaturelle !



Après ce jeu avec la lumière, faisons donc un tour de Bourges. Avec son centre perché comme souvent sur une petite colline, sa rue Le Bourbonnoux en bas qui suit les anciens fossés en faisant le tour du promontoire central, ses nombreuses maisons à pans de bois, Bourges apparaît plus attirante que ses grandes soeurs telles que Orléans ou Tours. Des passages "casse-cou", étroits défilés entre 2 maisons, relient la ville basse à la haute. Jacques Coeur inonde la ville de sa présence, jusqu'à son célèbre palais, célébré par Jean-Christophe Rufin dans son superbe roman "Grand Coeur", palais cependant un peu coincé dans une rue étroite, dans laquelle il est difficile d'avoir un peu de recul. Le soir venu, après le coucher du soleil, nous repartons pour un tour, guidés cette fois par un éclairage LED bleu au sol, qui nous emmène revoir les plus fameux endroits de la vieille ville, images projetées sur le palais de Jacques et maisons anciennes joliment éclairés.


Le lendemain, c'est à l'abbaye de Noirlac que nous nous rendons. Cette abbaye cistercienne est magnifiquement conservée, enchâssée dans sa pierre blanche du Berry. Cela fait bien longtemps (depuis la Révolution) que les moines l'ont abandonnée, et pourtant leur esprit souffle encore dans les espaces dépouillés de l'église, du cloître, de la salle capitulaire. L'austérité des lieux vous vide la tête après un peu trop de gothique flamboyant, les yeux s'imprègnent de la couleur chaude de la pierre, les vitraux - modernes ceux-ci - déclinent des mosaïques de photons sur les murs du cloître. A l'extérieur, des tilleuls gigantesques ploient leurs branches au-dessus du rectangle d'herbe derrière l'abbaye, créant un tunnel de feuillages qui vous guide vers l'extéreur, vers l'autre vie.






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