Downtown LA
Après avoir écumé la veille à pied la côte Pacifique, sur 30 kms tout de même, je consacre ce dimanche (d'élection présidentielle en France - j'ai voté par procuration) au centre de Los Angeles, en privilégiant une approche progressive et circulaire. Je commence par une large boucle me permettant d'emprunter le fameux Mulholland Drive, cher à David Lynch via le film éponyme, un thriller fantastique déstructuré tout à fait fascinant. La route serpente sur le sommet de collines, offrant des vues panoramiques alternativement vers la mer et vers la plaine de Panorama City de l'autre côté. Les propriétés sont bien cachées dans la verdure et derrière des murs intimidants, mais dont on devine l'opulence, dominant le vulgum pecus depuis leurs nids d'aigle. La route nous amène jusqu'à l'Observatoire de Griffith qui domine la ville, lui aussi rendu célèbre par quelques films, depuis la Fureur de Vivre de James Dean jusqu'au récent La La Land. En contrebas, les gratte-ciels du centre de LA forment l'habituelle structure de cristaux ayant trop grossi, au milieu de la platitude des immenses zones pavillonnaires alentour. Et derrière nous, l'incontournable signe "HOLLYWOOD" veille sur la ville, modestes lettres qui surprennent au premier abord par leur côté artisanal et leur taille apparemment réduite : ce n'est pourtant qu'une fausse impression puisqu'elles font quand même 14 mètres chacune, constituant le plus grand panneau publicitaire dans le monde lit-on.




Après avoir approché la ville par sa périphérie, il est temps d'aller jeter un œil dans son cœur. L'on parcourt d'abord Sunset Boulevard, décevant avec ses hôtels bas de gamme et ses abords négligés, avant de rejoindre le milieu du cristal. Nous sommes dimanche et l'endroit est bien calme. On y remarque d'autant mieux les nombreux sans abris, vivant dans des tentes à même les trottoirs et mendiant au coin des rues : décidément le rêve américain n'est pas partageur, et l'ami Trump ne va pas arranger les choses, c'est certain. Les styles de tours se télescopent comme à New York, Chicago ou Houston, le verre remplaçant la pierre, engendrant le classique, mais toujours spectaculaire, jeu de reflets entre les faces des réseaux cristallins. Mes pas m'amènent dans "Little Tokyo", qui semble plus actif en version japonaise que l'habituel Chinatown. Plus loin, la gare centrale de la ville est étonnante : de l'extérieur, entourée de palmiers, on dirait une église mexicaine ; à l'intérieur, de vastes halls abondamment pourvus de mobilier en bois font aussi penser à un édifice religieux. Tout le quartier vibre d'une fièvre latino : c'est une grande fête (le Cinco de Mayo est pourtant passé) où tout le monde parle espagnol, où cela danse ou se restaure, l'on voit bien là encore que la Californie du Sud est à la jonction des mondes anglo-saxon et latin. Encore une étape architecturale à la nouvelle cathédrale "Notre Dame des Anges", où la sortie de la messe dominicale est aussi en mode latino ; l'extérieur est massif et un peu lourd, mais lorsqu'on y entre, on est saisi par la majesté de l'ensemble, les volumes béants, l'alliance du béton et du bois, les fresques murales en défilés. Enfin le Hall Walt Disney n'est pas en forme d'oreilles de Mickey, mais une œuvre de Frank Gehry qui n'est pas sans rappeler le musée Guggenheim de Bilbao, d'où une impression de déjà vu.




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