Zagreb, entre histoire et modernité

Nous continuons notre tour des capitales européennes versant oriental. C'est cette fois Zagreb, capitale de la Croatie, qui a nos faveurs. Loin de la Croatie la plus connue et la plus courue, celle des plages méditerranéennes, de Dubrovnik la perle de l'Adriatique, des chapelets d'îles le long de la côte. Zagreb est loin de cette image balnéaire, et l'on retrouve tout de suite ses racines d'Europe Centrale. Bâtiments massifs "historicistes" rappelant l'Allemagne ou l'Autriche, couleurs ton jaune et beige, un peu de style Sécession pour amener une touche de fantaisie, l'on se croit vite à Budapest ou à Vienne en parcourant les rues de la ville. On peut cependant y ajouter une pincée d'Italie, géographiquement guère éloignée, puisque Trieste ne se trouve qu'à 2 grosses heures de route de là : tout d'abord par la religion, catholique, qui a retrouvé vigueur après l'intermède titiste après la Seconde Guerre ; ensuite par une influence gastronomique, qui va du vin et de l'huile d'olive aux gâteaux secs ou au prosciutto (jambon), et qui vient heureusement tempérer une cuisine qui a aussi ses accents germaniques.
  

Comme beaucoup de villes d'Europe Centrale, celle-ci est bâtie sur le principe de ville haute / ville basse, à cette nuance près qu'aucune rivière ne parcourt la ville basse. Il y a bien la Sava plus au Sud, mais qui curieusement est complètement délaissée et n'a aucune influence sur la ville, sinon de séparer ville ancienne au Nord et ville nouvelle (Novi Zagreb) au Sud. Deux collines composent la ville, et font travailler cuisses et mollets au fil des balades et des volées de marches parcourues : Gradec la médiévale, la plus riche, et Kaptol, avec sa cathédrale, juste à côté. En-dessous, la ville basse s'étale autour de la place principale (Ban Jelacic), lieu de rencontre de la jeunesse locale, et des tramways, puis plus bas du Fer à Cheval vert, un ensemble de jardins et de musées composant une agréable promenade.

Gradec est la partie la plus visitée de la ville, et donc aussi la mieux restaurée (sans aller jusqu'au syndrome Disney qui ripoline tout dans le style carton pâte). On grimpe quelques dizaines de marche, on emprunte le funiculaire pour les podagres et les flemmards, et nous voilà sur les pavés du centre historique de Zagreb. La place centrale, Saint-Marc, en est le centre névralgique, heureusement réservée aux piétons désormais : la belle église en son centre affiche fièrement ses tuiles vernissées aux armes de la ville, et est encadrée de la résidence du Premier Ministre d'un côté, du Parlement Croate de l'autre. Rencontres étonnantes tout au long de nos balades, de nombreux groupes de touristes asiatiques un peu partout, leurs portables attachés au bout de ces satanées perches pour prendre des selfies : nous apprendrons plus tard qu'une émission très suivie de télé-réalité coréenne a sévi en Croatie plusieurs saisons, faisant du pays, et de sa capitale, un haut lieu touristique au Pays du Matin Calme !


Le soir venu, un Festival des Lumières est annoncé sur Gradec. C'est la première édition, prenant sans doute exemple sur la désormais célèbre Fête des Lumières de Lyon, et la foule se presse autour et sur la colline. On est frappé par la jeunesse des participants, ça bouge et ça grouille partout, y compris dans les tunnels qui se croisent sous ladite colline, une ambiance bon enfant et chaleureuse. Le spectacle lui-même est modeste, quelques boules, lampions, vessies de couleur ici et là, plus 2 spectacles, l'un projeté sur la façade d'un bâtiment historique, l'autre jouant avec des lasers et des éclairages, mais le lieu est à la hauteur, et l'événement sympathique.
 

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