Le paquebot - voilier de Boulogne

A la suite d'un (court) déplacement à Boulogne-Billancourt, j'en profite pour aller jeter un œil à la toute nouvelle Fondation Louis Vuitton, dans le Bois de Boulogne voisin. Au nord du bois, à la limite de Neuilly-sur-Seine et contiguë au jardin d'acclimatation, la construction de Frank Gehry, le célèbre architecte américain, est impressionnante. C'est un véritable paquebot de béton, d'un volume saisissant, qui a acquis une légèreté étonnante en se munissant de "voiles" de verre translucide qui enserrent le paquebot dans des écailles géantes. Les filtres colorées ajoutés par Daniel Buren sur ces voiles, selon ses immuables principes, achèvent le tableau en lui donnant une touche primesautière égayant le béton.
  

Il n'y a pas d'exposition en ce moment (la Collection Chtchoukine vient de fermer ses portes), l'avantage en étant que les lieux sont très calmes, que l'on peut se balader ad libitum dans la Fondation, et il y a de quoi y passer du temps. L'intérieur est monumental. En bas, une salle de spectacle au plancher en bois blond attend les concertistes, en offrant à travers ses larges baies vitrées des vues sur les plans d'eau entourant la Fondation, micro-océan sur lequel semble voguer le paquebot-voilier. Un ascenseur vous emmène en 2 temps 3 mouvements tout en haut, sur le pont supérieur serais-je tenté de dire. Un pont qui offre une vue magnifique sur les environs, juste en-dessous le Jardin d'Acclimatation, un peu plus loin la Défense et ses tours, de l'autre côté le Bois de Boulogne et Paris qui se profile au loin. Et ce pont n'est pas un désert minéral, puisque des jardins suspendus (sommes-nous dans un nouveau Babylone ?) nous accompagnent lorsque l'on monte et descend les marches qui relient les multiples niveaux de la grande terrasse. Au-dessus de nous, les pans colorés jouent de leur transparence pour engendrer des fluctuations de lumière quand le soleil le veut bien. On peut passer une bonne heure à profiter de cet endroit, quel bel endroit !
 





A l'intérieur, plusieurs mini-expositions décrivent la genèse des 
lieux, depuis les premiers dessins, très simples, de M. Gehry, accrochés aux murs, jusqu'à la conception assistée par ordinateur pour positionner les milliers de tonnes de béton nécessaires à la construction. D'étranges poissons (préhistoriques ?) lumineux nagent au-dessus du fort chic restaurant, une reproduction du bâtiment est suspendue au-dessus de nos têtes, des volumes inédits se répondent les uns aux autres, jusqu'au grand hall d'entrée où passent visiteurs et où s'activent les (nombreux) employés de la Fondation.

  







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