Sardaigne : les îles jumelles Sant'Antioco et San Pietro

Regardez la carte de la Sardaigne : vous y verrez à la pointe Sud-Ouest 2 îles (jumelles ?), Sant'Antioco et San Pietro, la première accessible par un pont, la seconde uniquement en bateau. C'est là que nous passons 3 jours de notre semaine sarde, peut-être parce que je suis toujours attiré par les îles, ces confettis (plus ou moins gros, soit) de terre posés au milieu d'une mer ou d'un océan. Avec un caractère particulier, des habitants tournés vers la mer plus que le continent, défendent bec et ongles leurs coutumes. Comme ceux de San Pietro, qui conservent un lien étroit avec la Tunisie, et plus particulièrement Tabarka, la "faute" à un séjour forcé d'un millier d'habitants dans ce pays, capturés par des pirates et ramenés comme esclaves, avant d'être libérés et rapatriés, ramenant avec eux des coutumes qui perdurent (comme le cascà, variante locale du couscous). Le port de Calaforte, rejoint en bateau depuis Calasetta, juste en face sur l'île de Sant'Antioco, a un vrai charme, avec ses escaliers grimpant sur les hauteurs à travers les maisons blanches ou son bord de mer frangé de palmiers et de pins. Le problème est que cela se gâte quand on sort de la ville et que l'on souhaite marcher comme nous : les seules voies sont les routes, aucun chemin de quelque sorte à se mettre sous la dent, seuls quelques accès en cul-de-sac permettent de rejoindre les plages ici et là. Si l'on souhaite éviter le macadam, la seule solution est de longer les plages, quand c'est possible, ou de traverser des propriétés privées, en priant pour qu'un molossoïde agressif ou un paysan armé d'un fusil ne se mette pas en travers de notre chemin ! Sentiers côtiers, inconnus au bataillon (mais où sévissaient donc contrebandiers ou naufrageurs sardes des siècles passés ?). Et comme toute l'île semble couverte de résidences secondaires, inhabitées en cette saison, se frayer un chemin en-dehors des routes est une gageure. Et nous rentrons frustrés de plusieurs heures de marche le long des routes, heureusement peu fréquentées en avril, qui plus est par un temps gris et frais, et un vent à vous saouler un bœuf après l'avoir décorné. Revenons sur Sant'Antioco, l'autre île où nous résidons ces 3 jours : beaucoup moins habitée en dehors des 2 villes côtières, de belles balades à faire le long des côtes désertes et découpées, au cours desquelles nous ne croiserons pas un seul péquin en 6 heures de rando, sous un soleil généreux cette fois. Par contre, nous sommes nettement moins emballés par la ville elle-même. Plan de circulation démentiel, ruelles étroites encombrées de voitures garées plus ou moins anarchiquement, sens uniques bizarres et mal indiqués, au point que je me suis pris un sens interdit, vu arrêté par une maréchaussée heureusement bonace, sans doute habituée à l'inconscience routière des Italiens du Sud. Urbanisation anarchique, des maisons poussent à droite à gauche de manière sporadique dirait-on, certaines ne sont pas achevées, d'autres à peine commencées, et le bon goût ne semble pas la qualité la mieux partagée dans ce pays. Bref, un premier contact contrasté avec la Sardaigne profonde après celui non moins contrasté avec Cagliari.







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