Bosa colorée, vivante, magique
Trois nuits à Bosa dans une maison surplombant la mer. Dommage que la météo ne nous guère laissés en profiter. Pluie ininterrompue hier après midi, pas vraiment les conditions idéales pour apprécier la ville. Et pourtant elle a beaucoup de charme : ses anciennes tanneries alignées d'un côté de la rivière Temo, telles des boîtes d'allumettes se reflétant dans l'eau, la promenade bordée de palmiers de l'autre côté, le vieux pont en pierre et les bateaux de pêche arrimés juste en dessous, les maisons colorées accrochées en flanc de colline, juste en dessous du château régnant d'un air sévère sur la ville. Une atmosphère tranquille, les hommes discutant le dimanche matin, pendant que les femmes préparent le déjeuner dominical (on est en Italie du Sud quand même !). Bref mon coup de cœur sarde. Un peu plus loin, et plus haut, une volée de villages vit blottie sur la corniche au dessus de Bosa, un peu gris, parfois un peu tristes, regardant de haut leur grande sœur en bas sur la rivière, elles somnolent mollement : Tresnuraghes et ses nuraghi invisibles, Tinnura et ses fresques murales naïves, Magomadas et son église perchée ou Suni ouvrant la voie vers la plaine et l'océan. Vers l'intérieur des terres et la montagne, on trouve Cuglieri et Santulussurgiu (mon dieu pourquoi tant de U ?) : la première semble ne vivre que pour sa basilique la dominant du haut de sa froide laideur, à laquelle mènent toutes les étroites ruelles de la ville ; la seconde s'étale à la sortie des forêts d'yeuses vers les vallées de l'intérieur, offrant là une trilogie de portes en bois surmontées de terrasses fer - forgées, ici trois hommes goguenards peints sur un mur et vous lorgnant malicieusement, ces rares pépites masquant mal une ville mal peignée, passant sans grâce du béton brut aux couleurs trop brillantes pour ne pas être suspectes, qui voudrait bien être belle mais sans succès. Encore plus loin vers le Sud, la presqu'île de Sinis offre un condensé de la mer en Sardaigne, depuis des falaises découpées surmontées de tours aragonaises, à moins qu'elles ne soient pisanes, à Su Pallosu, jusqu'aux plages de sable fin vouées aux vacanciers à Putzu Idu. Le tout baignant dans cette mer turquoise aux nuances changeantes quand le soleil le veut bien
| Les papys peints de Santulussurgiu |
| La mer sur la presqu'île de Sinis |
| Les anciennes tanneries le long du Temo à Bosa |
| Le château et la ville de Bosa |
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