Les trois soeurs, ou la Sardaigne selon Tchekhov


Fin de ce séjour d'une semaine en Sardaigne, entre la capitale Cagliari et la côte occidentale, de Sant'Antioco à Bosa. La Sardaigne me fait penser à la sœur cadette d'une fratrie (sororale) de 3 sœurs. D'abord l'aînée, la Sicile, altière, aisée, aimant exhiber ses atours, avec cependant un côté canaille parfois ; puis la benjamine, la Corse, la plus jeune, née d'un autre père, la plus jolie aussi, mais pas toujours commode de caractère. Et entre les deux, la cadette Sardaigne, moins gâtée par mère nature, un peu délaissée, et qui du coup ne fait pas trop d'efforts pour se montrer à son avantage, souffrant de la comparaison avec ses 2 sœurs, alors que pourtant elle a aussi quelques atouts dans son jeu. C'est donc ainsi que j'ai ressenti la Sardaigne. Souvent sale et peu soignée, dans les villes comme dans les villages. Des maisons sans charmes de béton brut côtoyant d'autres maisons inachevées ou en ruine, peu d'efforts faits pour mettre en valeur le patrimoine, un petit air de je-m'en-foutisme, le touriste ne semble pas vraiment attendu, comme si ce côté là était déjà perdu d'avance, pour exemple les sentiers de randonnées bien rares et sans aucun fléchage, alors pourtant que nombre d'endroits méritent bien d'être parcourus à pied. Parce qu'il y a aussi du "potentiel" comme on dit : rendez plus pimpants quelques villages, rues, maisons, faites entendre aux gens de passage qu'ils sont les bienvenus, nettoyez plages, routes, jardins. La Sardaigne pourra alors montrer fièrement ses joyaux, une côte turquoise et verte qui ne doit rien à ses 2 voisines, de petites villes charmantes telle Bosa, sans oublier une cuisine sarde qui fait la part belle aux fruits de mer et poissons, arrosée de quelques crus charpentés et parfumés. Et encore les fameuses gelati italiennes ou le doux-amer Aperol spritz pour ouvrir l'appétit.

 

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