Cagliari, Ville Ouverte

Cagliari, capitale de la Sardaigne. Nous débarquons du train en provenance de l'aéroport : en sortant de la gare, premier choc ! Le square juste en face de la sortie est plein de migrants ("infesté" dirait Marine ou Marion), des dizaines d'hommes, jeunes et noirs, qui devisent tranquillement. Un peu plus loin, circulation bloquée, voitures de police en travers de la route, un groupe de jeunes blacks, accompagnés de quelques Européens, manifeste - sagement - et bloque la grande avenue en bordure de la mer. Bienvenue dans l'Europe d'aujourd'hui ... Il semble bien s'agir là de migrants dits économiques, puisque l'on fait désormais la différence entre les "bons", les politiques, Syriens, Irakiens ou Afghans, qui fuient les dictatures, et les "mauvais", les économiques, qui fuient la misère de leur sous-continent. Visiblement, ici, ce sont des Soudanais, Éthiopiens, Érythréens, jeunes célibataires mâles, que l'on trouvera ensuite partout dans la ville, vendant des colifichets ou simplement marchant et devisant à chaque coin de rue. Quel avenir pour eux ? Que peut faire l'Europe ? Vaste question, dont on a du mal à entrevoir une solution. Et cette ombre omniprésente pèse lourdement sur la ville. Qui d'ailleurs est une sorte de trait d'union entre le Nord et le Sud, ville européenne bien sûr, mais avec ici et là des airs de ville en voie de développement : architecture désordonnée, chantiers plus ou moins interrompus un peu partout, fils électriques disparates au-dessus des rues ou sur les murs. Bref c'est une ville de mélanges, au physique parfois ingrat, aux contrastes saisissants, magasins de luxe et façades lépreuses, bâtiments neufs et blockhaus hideux, qui pourrait avoir du charme, mais il y a du boulot. Même la cathédrale, immense et baroque, est un résumé de ce melting-pot, mélangeant elle aussi styles et décors, à travers les époques et les rénovations, pour aboutir à un patchwork flamboyant et grandiloquent, accumulant les contradictions, un peu à l'image de sa ville.
Bon, pour revenir à notre escale à Cagliari, nous avons tout de même bien profité des bons aspects de la culture italienne que nous apprécions : les toujours succulentes gelati, un diner dans un bar-resto très sympa, charcuteries sardes goûteuses joliment présentées (cf. photo), arrosées de vin sarde charpenté et roboratif, des pastas maison dans un resto familial, et un joli B&B dans une demeure aux hauts plafonds, balcon avec vue sur la mer en prime.


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