Cucuron, sud'Luberon
Avant une nouvelle formation à Sisteron, je m'octroie une journée de villégiature dans le Lubéron, à une heure à peine de la gare TGV d'Aix-en-Provence, où j'ai loué pour quelques jours une Kia Stonic. C'est cette fois sur le versant sud du massif du Lubéron que je me balade, vers la plaine traversée par la Durance. Mon point de chute est à Cucuron, jolie bourgade de 2000 âmes, où une chambre d'hôtes (3 Saisons) m'attend. Je ne profiterai pourtant, ni du surdimensionné jacuzzi de la salle de bains jouxtant ma chambre, ni de la jolie piscine dans la verdure, faute de temps. Par contre, je ne peux m'empêcher de tester le resto-brasserie (et galerie d'art) l'Essentiel, juste en face, pratique le soir venu pour tester la bière brassée non loin de là, accompagnée de tapas, dont un excellent saint-félicien rôti.
Je consacre la matinée du lendemain à explorer la ville. Je commence par l'étonnant "étang" en plein centre, en fait un vaste bassin rectangulaire bordé de hauts platanes autour duquel se sont posés plusieurs restaurants et bars, où il fait bon prendre une pause dans la fraîcheur distillée par la conjonction de l'eau et de la verdure, autour de ce bassin du 16ème siècle qui alimentait naguère un moulin. Trois enceintes successives entouraient la ville au Moyen Age, dont il reste aujourd'hui portes et tour, et le beffroi, alias tour de l'Horloge. Le château domine la ville, avec sa tour quadrangulaire à côté de laquelle un panneau raconte la terrible épidémie de peste que connut Cucuron, tandis que le panorama en vert et jaune se déploie tout autour.
L'église Notre-Dame de Beaulieu présente la particularité d'être flanquée à côté de son porche d'un haut arbre, un peuplier de plus de 20 mètres, dépassant son toit : en 1720, la population promit de dresser chaque année un "piboule" si le village était cette fois épargné par la peste, et la tradition se perpétue depuis plus de 300 ans, du 20 mai jusqu'en août. Non loin de là, la musée Marc-Deydier vaut d'y consacrer une heure. Cette personnalité multi-carte était un notaire, propriétaire terrien, mais aussi féru d'archéologie et de photographie. Le fruit de ses fouilles accompagne l'histoire de Cucuron au fil des salles, mais je suis surtout fasciné par ses photos de son village, les habitants posant au hasard des rues dans un ballet immobile.
Puis je rejoins à quelques kilomètres de là Ansouis, estampillé PBVF (acronyme inventé de Plus Beau Village de France), plus tranquille que sa voisine. Des maisons vénérables aux pierres ocres, aux massives portes en bois, que l'on parcourt au hasard des ruelles, en montant jusqu'au château (privé), et à l'imposante église paroissiale avec son mur dominant le parvis de sa verticalité. Je fais une pause sur l'ombragée place Saint-Elzéar, pour me sustenter au Bar des Sports sous les arbres, et compléter mon repas à l'excellente pâtisserie voisine de Volpert.
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