Sur les pentes du Ventoux
Je suis dans la région du Géant de Provence, ce fameux Mont Ventoux, icône du Tour de France cycliste, que l'on voit de loin pointer son cône blanc au-dessus du Lubéron. Où que je sois, le temps étant clair, mon regard croise la montagne qui en été paraît enneigée, alors que ce sont ses éboulis calcaires qui donnent cette impression. Mais en janvier, c'est bien de la neige que l'on y voit. Je décide donc de monter aussi haut que je le peux, pas au sommet cependant puisque celui-ci est fermé. La route qui zigzague sur les pentes est bien dégagée, et peu fréquentée, pas un péquin croisé dans la montée, jusqu'à la station du Mont Serein, vers 1450 mètres d'altitude. Au-delà, la route qui pousse jusqu'au belvédère est complètement verglacée et parfaitement impraticable. Je me tente une petite balade à travers champs et forêt, profitant d'un beau soleil hivernal. Ici et là, quelques plaques de neige ont résisté au redoux, mais les sentiers sont bien praticables et la balade offre des vues magnifiques vers le nord et les Alpes, avec les sommets enneigés du massif des Ecrins. La station de ski est à l'arrêt, plus de neige, mais j'apprends que c'était encore skiable une dizaine de jours plus tôt. Heureusement, le chalet Liotard est resté ouvert, et je peux me sustenter sur les coups de treize heures d'un copieux gratin du Ventoux, avec toujours vue imprenable sur les Alpes. Au-dessus de nous veille le Ventoux, avec son observatoire, une station radar et des bâtiments militaires, couverts d'une petite couche de neige qui a résisté.
Revenu dans la vallée, après avoir passé Malaucène, j'emprunte la route de Suzette pour aller jeter un œil aux fameuses dentelles de Montmirail. Au détour du ruban de bitume qui serpente, l'on capte brièvement ici et là une vue des roches érodées qui composent les trois chaînes parallèles. Mais ma recherche d'un point de vue privilégié pour admirer ce chef d’œuvre géologique, comme celle de dénicher une randonnée pouvant m'amener à crapahuter dans ce paysage, s'avèrent infructueuses. Je dois me contenter d'une petite balade à travers les vignes jusqu'au petit village de Suzette, blotti sur une promontoire entre plaine et montagne.
Je continue ma route jusqu'à Gigondas, célèbre pour son vin comme chacun sait. Perché à flanc de montagne, et ceint de remparts médiévaux, il se parcourt rapidement, mais ce doit être un bon point de départ pour aller voir de plus près les Dentelles, une autre fois.
Un peu plus loin, en direction de Vaison, le village de Séguret est estampillé parmi les Plus Beaux Villages de France. Et il le mérite, ayant su rester authentique malgré la pression touristique. Les calades, ces ruelles pavées qui grimpent à l'assaut des pentes voisines forment un modeste labyrinthe que l'on emprunte sans crainte, subjugué par les maisons, les portes, les arches, les sentiers, tout est magnifique, dans le calme olympien de ce début janvier et par une météo bien agréable. Portail de la Bise et Portail Neuf, rue des Poternes et fontaine des Mascarons, rue du Four et place des Arceaux, beffroi, chapelle et églises, toutes ces pépites se répondent et se complètent, et on en vient à tourner un peu en rond pour imprimer autant que faire se peut ces endroits sur la rétine. Sans oublier un regard pour le panorama qui se déroule devant nous, côté Rhône et côté montagne. Un endroit qui vaut largement le détour, surtout hors saison.
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