La romanité de Vaison

Après l'antique Orange, allons voir sa voisine Vaison qui ne se cache pas puisque cela fait 100 ans qu'elle affiche sa romanité dans son nom officiel. On sait à quoi s'attendre en y pénétrant, et de fait, les sites antiques sont situés en plein milieu de la ville : ce sont les plus vastes de France, s'étalant sur deux parcelles contiguës, celles de Puymin et la Villasse, sur lesquelles courent d'antiques murets et se dressent des colonnes de mensurations fluctuantes (on dirait les colonnes de Buren). Mais frustration, les sites sont fermés au public, comme on me le confirme à l'Office de Tourisme, fermeture annuelle du mois de janvier. Tant pis, on peut malgré tout assez bien voir les ruines romaines depuis les rues qui longent le site, et je peux en avoir un aperçu, un peu distant. Sauf pour le théâtre antique, mais il est sans doute moins remarquable que celui de sa voisine orangeoise.


De là, je traverse l'Ouvèze pour rejoindre l'autre rive. Une Ouvèze bien calme, rien à voir avec celle qui défraya la chronique en 1992 lors de crues meurtrières qui causèrent 37 décès. Sur cette rive se situe le château comtal de Vaison, dont il reste surtout un donjon carré surplombant la ville et sa vallée. Il est en plein travaux, et l'accès en est pour le moment limité et malaisé. Mais la vue tout autour, notamment en direction du Mont Ventoux voisin, vaut l'effort d'y grimper.

C'est surtout la cité médiévale qui s'étage à son pied qui vaut d'être parcourue. On y entre par une porte fortifiée surmontée d'un haut beffroi. Le long de ses étroites calades surmontées d'arches, de superbes hôtels particuliers donnent sur des placettes croquignolettes, tandis que l'on se perd avec délectation en parcourant au hasard les ruelles montantes et descendantes de ce village dans la ville.


En redescendant l'on passe le pont romain, s'appuyant sur le rocher de château et sur celui de la colline de Sus-Auze en face, pour franchir la dizaine de mètres du rétrécissement de l'Ouvèze. De la rive opposée, on remarque encore mieux comment la haute-ville est construite, avec son église-cathédrale perchée juste au-dessus de la falaise.

Sur mon chemin de retour vers la gare d'Avignon, je m'octroie un dernier stop à Carpentras. Cette ville n'a pas l'aura d'Orange ou d'Avignon, et apparaît un poil tristounette lorsqu'on pénètre dans la ville fortifiée par la massive porte d'Orange. Des commerces guère vivaces, une ambiance morne (la patronne du café où je m'arrête se plaint d'ailleurs de son manque de dynamisme), et pourtant la mairie tente de la faire vivre tant bien que mal. Les deux places centrales, de la Cathédrale Saint-Siffrein et de la Mairie, sont sûrement plus attractives en été, situées au milieu du cœur de ville ceint d'un chemin de ronde. Au-dessus de la cathédrale, d'étonnantes gargouilles vous guettent. Au fil des rues, je découvre une série de dessins au pochoir de l'artiste local C215, pour un parcours de 36 œuvres qui enjolivent la ville. Je pousse jusqu'à l'ancien Hôtel Dieu, transformée en Bibliothèque-Musée au beau nom d'Inguimbertine (de l'ancien bibliothécaire, puis évêque de Carpentras d'Inguimbert), mais hélas fermée ce jour-là. M'en retournant, je passe devant la Chapelle du Collège, désacralisée et lieu d'expositions, avec en ce début d'année une très belle expo photos ("L'Appel des Pôles") consacrée aux pôles nord et sud, encore magnifiée par le cadre sobre et solennel. Finalement, Carpentras, ce n'est pas si mal.




 

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