Jardins de Varengeville
Varengeville est réputée pour ses jardins luxuriants, grâce au microclimat généré par les valleuses, ces vallées suspendues où se nichent ceux-ci. Je tente ma chance au Bois des Moutiers, célèbre pour ses rhododendrons géants, dont c'est la pleine saison. Pas de chance, la visite guidée du jour affiche déjà complet une demi-heure avant son départ. Je me rends un peu plus loin au Jardin Le Vasterival. Créé par une princesse polonaise Greta Sturdza en 1950, et affiné au fil des décennies, ce sont douze hectares de sous-bois qui abritent 7000 espèces de plantes et d'arbres dans une subtile construction jonglant avec la juxtaposition des espèces, avec les saisons, avec les pentes et la circulation de l'eau. Lors d'une visite guidée d'une bonne heure à travers le jardin, la guide - jardinière - botaniste nous explique la genèse du jardin, son évolution, les règles qui président à son entretien, dans un passionnant parcours, même pour un béotien en la matière. Parmi les visiteurs, un groupe de jardiniers amateurs en savent beaucoup plus que moi et posent moult questions pointues sur la nature du terrain ou le nom des fleurs. Il ne me reste plus qu'à appliquer ces préceptes à mon retour dans mon jardin nocéen. La balade se termine sous la pluie, il est l'heure de déjeuner et je m'offre non loin de là, au restaurant l'Ailly, une assiette de fruits de mer roborative.
Après déjeuner, une promenade digestive m'emmène à travers champs jusqu'au phare d'Ailly. Puis je finis mon escapade maritime du côté du Manoir d'Ango. Jehan Ango fut l'armateur le plus connu de la région, qui y construira cette demeure Renaissance, mâtiné de style normand. Brique et silex y sont travaillés en motifs polychromes. La grande cour abrite un pigeonnier dodu et les dépendances, ainsi que la loggia avec ses ouvertures en pierre locale. La guide nous narre l'histoire d'Ango l'armateur, conseiller de François Ier qu'il accueillit en son manoir, et qui envoya les pilotes de ses nombreux navires à travers le monde, jusqu'à New York que les frères Verrazano découvrirent en 1524. Plus récemment, il a attiré de nombreux artistes, souvent surréalistes, à commencer par André Breton, mais aussi Louis Aragon, Jacques Prévert, ou Georges Braque en voisin.
Il est temps en fin d'après-midi de rejoindre la ville de Rouen, où j'assiste, dans le Pavillon des Transitions, à l'Assemblée Générale d'une association pharmaceutique, puis au cocktail (médiocre) proposé à La Fabrik voisine, toujours sur les quais de Seine. Puis je reprends la route pour Bolbec, et le Relais d’Étretat, où j'assure le lendemain ma formation, but originel de ce court périple.
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