Lumières en Seine

Je suis friand l'hiver venu d'illuminations nocturnes pour enchanter la grisaille diurne et amener un peu de couleur à la monochromie de la basse saison. Après le bestiaire en couleur du Jardin des Plantes l'an passé, je m'attaque cette année à "Lumières en Seine", un parcours qui illumine le Domaine du Parc de Saint-Cloud dans l'ouest parisien. En vingt-cinq tableaux, celui-ci met en scène le parc, son décor, ses installations : sont ainsi mis en lumière plans d'eau et jets aquatiques, statues et carrousels, chemins et escaliers, le tout en fanfare. C'est la fin de l'animation en ce jeudi de début janvier et il n'y a pas foule dans le parc, tant mieux pour moi, mais la jeune fille qui tient un des stands du parc, chez qui je commande un bretzel pour tenir jusqu'à mon dîner tardif, me confie qu'elle s'ennuie ferme et que le parc est bien vide après les fêtes. 

L'on entre par une allée aux troncs d'arbre rougeoyants, survolée d'étoiles multicolores, se détachant sur un ciel de "l'heure bleue", pour atteindre la Grande Cascade où des jets bleus ou verts semblent vouloir asperger la ville en fond de tableau, tandis que des lasers rehaussent le tableau de flashs jaunes ou rouges.

De là l'on rejoint un peu plus haut le Bassin du Grand Jet, surveillé par des statues féminines hiératiques, et sur lequel d'étranges nénuphars bleus percent la surface. Sur le chemin montant, le croisement de lasers bleus et de brouillard artificiel donne vie à une sorte de piste de ski bleutée, jouxtant quelques sculptures lumineuses en forme de sapins, rennes, bougies ou cadeaux.



Puis on arrive au Bassin du Fer à Cheval, un des hauts lieux du parcours, à la surface duquel se mouvent des jets multicolores sur fond de musique classique. Au fond de la perspective, un carrousel de LED blanches étincèle, tandis que la Terrasse du Château ouvrant vers Paris annonce la couleur avec un cœur rouge et une mini Tour Eiffel qui font quand même assez kitsch. 

On continue de monter par l'Allée des Goulottes au milieu de cercles faisant danser le hula hoop aux arbres de l'allée. Puis on redescend par le Parterre de la Lyre, aux arbres parés de couleurs criardes, jusqu'à la voûte lumineuse avec un air de yourte vous amenant jusqu'à une dernière installation, peut-être la plus réussie, un rectangle de lumignons virant du bleu à l'orange, encadré d'arbres et sur lequel passe par vagues une énigmatique brume.


En résumé, le cadre est magnifique, certains jeux de lumière et d'eau très réussis, même si l'on n'évite pas le "too much", virant parfois au kitsch et au criard.

Avant de rejoindre Saint-Cloud, je fais une première étape à la Manufacture de Sèvres, non loin de là, et à son Musée de la Céramique. Beaucoup d'objets à y admirer, de toutes époques et tous styles, de la céramique antique à celle des mondes orientaux, en passant par le classicisme européen et en finissant par des pièces contemporaines, dans un panorama ultra-complet de la céramique à travers temps et lieux. On en apprend aussi au passage un peu sur la technique et les matériaux du métier. Le lieu fait partie de l'exposition, avec sa coupole et son large double escalier, les fenêtres donnant sur les ateliers où travaillent toujours les céramistes de Sèvres.

Je finis par l'exposition Merveilles qui est consacrée aux deux cents ans de la Manufacture, qu'elle retrace au travers de dix tableaux (Savants, Lointains, Contes, Inattendus, Fleurs, etc...) retraçant son histoire, composant un musée des curiosités fascinant et foisonnant, que l'on regrette de ne pas avoir le temps ou la constance d'admirer plus en détail, tant il accumule les références et les gestes artistiques. Sans oublier le passage par une étonnante installation, des sortes de grosses bulles orangées sur des pieds en forme de vases blancs, qui ressemble à d'étranges aliens claustrés dans un vaisseau spatial !







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