Retour à Orsay
Je viens de prendre une Carte Blanche au Musée d'Orsay, un pass qui me permet un accès privilégié et permanent aux collections du fameux musée sis dans l'ancienne Gare d'Orsay, sur les bords de Seine, en face des Tuileries. Il y a foule pour y accéder, mais mon sésame me permet sans coup férir de shunter la file d'attente, et me voici dans le saint des saints. Pénétrant dans l'enceinte, je suis encore une fois ébloui par l'immense espace, peut-être unique au monde s'agissant d'un musée, qui enveloppe les précieuses œuvres des XVIIIème et XIXème siècles. Pour cette première incursion, je vais me concentrer sur les sculptures, il y en a la bagatelle de 1600 dans le musée, représentant tous les courants, néo-classicisme, éclectisme, vérisme, impressionnisme ou symbolisme, sans oublier les animaux, puisque c'est ici que le célèbre Ours Blanc de Pompon a élu domicile. Les deux galeries (Seine et Lille) qui surplombent l'allée centrale, sont colonisées par des dizaines de chefs d'œuvre aux styles variés, Rodin ou Carpeaux, Camille Claudel ou Degas. Sous la voûte vitrée et les décorations de l'ancienne gare, l'effet est garanti, et je tourne autour des sculptures, avec mon appareil photo, pour en extraire les meilleurs angles de vue.
Après avoir flâné tout mon soul dans les deux galeries, étonnamment calmes en cette matinée, je rejoins l'allée centrale en bas, où le flux des visiteurs bat son plein, groupes de touristes ou de scolaires inclus. J'y suis surpris et enthousiasmé par une incursion d'art contemporain dans le classicisme des sculptures des lieux. Deux Scandinaves, Elmgreen et Dragset y ont ajouté leur grain de sel, sous la forme de sculptures qui font écho aux habituées des lieux, avec humour et poésie. Ici, un gamin sur son plongeoir blanc s'apprête à se jeter dans la fosse aux visiteurs. Là, un photographe pensif se demande ce qu'il va bien pouvoir capturer dans ladite fosse. En bas, des enfants étranges et blancs nous scrutent la tête en bas, puisque leurs statues sont fixées au plafond. Captivant, étonnant, emballant, un coup de boost très réussi, qui dynamise le musée tout en respectant son âme.
En attendant de parcourir l'expo du moment, consacrée à Gustave Caillebotte, je fais une visite à celle moins courue de Céline Laguarde, une femme photographe du début XXème siècle, que je ne connaissais pas, et dont je découvre le parcours et les photos, expressives, originales, modernes même. Elle utilisa aussi différentes procédés photographiques (gomme bichromatée, huile, ...) qui donnent encore plus de variété et d'épaisseur à ses œuvres. Ce fut la première femme qui perça dans le monde très masculin à l'époque de la photographie.
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