Des amerlots en Aunis
C'est cette fois en bonne compagnie que nous nous rendons à La Rochelle, avec nos amis américains et texans qui, s'ils connaissent fort bien notre pays pour s'y être rendus une trentaine de fois, n'ont jamais mis les pieds sur cette portion de la côte Atlantique. Nous allons donc quatre jours durant décliner les classiques de notre région d'adoption. On commence par la Marché Couvert, qui va susciter l'enthousiasme de nos amis, et dont nous revenons avec moult produits locaux, dont une cargaison de fromages qu'ils apprécient particulièrement, avec de la "baguette" (avec l'accent US) of course. On continue à deux pas de là au Musée du Nouveau Monde, qui raconte les relations mouvementées et pas toujours glorieuses avec l'Outre-Atlantique, entre explorations et esclavage. Le préposé à l'accueil du musée est ravi de pouvoir discuter avec des Américains, à qui il entreprend de raconter les derniers matches de baseball des Astros de Houston, sans grand succès cependant. Pour le reste, entre panonceaux bilingues, audioguides en anglais, cartes géographiques ou tableaux et photos de l'Amérique de naguère, l'intérêt est à son comble et le succès garanti.
Autre destination incontournable de la région, l'Ile de Ré bien sûr, son histoire et ses peoples ne peuvent qu'attirer l'intérêt de nos chalands. Nous commençons par une dose de passé à Saint-Martin-de-Ré, avec son port enserré à l'intérieur des remparts, et l'îlot qui trône au centre comme une cerise sur le gâteau (mieux qu'un glaçage). Puis nous flânons au hasard des rues, d'abord dans la partie la plus select, près du port, entre magasins de fringues chic et galeries d'artisanat, ce qui donne une idée un peu biaisée de la vie rhétaise. Puis un "block" plus loin, on passe sans transition à des ruelles désertes, au sol pavé, aux maisons de pierre avec leurs volets verts, aux fleurs qui poussent de manière anarchique le long des murs, une version totalement différente, et ô combien plus attirante que le défilé des touristes le long des boutiques. L'histoire resurgit dans l'église Saint-Martin qui commémore les mille et quelques prêtres réfractaires qui furent déportés ici et dont beaucoup moururent lors de la Révolution. Ou encore quand le musée Cognacq Jay rappelle que St-Martin tint lieu d'étape aux bagnards sur la route de la Guyane ou de la Nouvelle-Calédonie.
Plus loin, sur la presqu'île de Loix, depuis la pointe du Grouin, nous saisissons une éclaircie pour profiter du panorama qui s'ouvre sur La Rochelle et le pont à droite, sur la côte vendéenne en face. Dernier stop à Ars-en-Ré et son archiconnue église à la flèche bicolore noire et blanche, qui servait de repère aux marins d'antan.
Autre sortie, en train cette fois, pour rejoindre la station de Châtelaillon et ses innombrables villas balnéaires, chacune pourvue de son propre petit nom. Nous prenons la pose devant les "grosses dames" du Casino, admirons les nouvelles couleurs pastel de l'église Sainte-Madeleine, toute gaie (gay), avant de conclure la journée par un magnifique "sunset" sur la plage, avec au loin et en enfilade Oléron, Aix et Ré.
Je me dois de finir sur la note gastronomique du séjour. Toutes nos adresses habituelles étant complètes en ce samedi de vacances scolaires, nous testons non loin du marché "O Bouchon", rue Thiers : bonne pioche, le service est efficace, le cadre sympa, et nos plats, tous dans la mouvance maritime (soupe de poissons, seiche, sole, saint-jacques) sont excellement préparés et goûteux. Adresse à garder ...
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