Bref arrêt à Orléans
De bon matin, je me rends à la gare d'Austerlitz pour rejoindre en train Orléans, et plus précisément le quartier de La Source où je participe à une réunion pour un de mes clients chez un sous-traitant pharmaceutique. Ce doit être la dixième fois ou quasiment en dix ans que je me rends dans cette ville à 1 heure de Paris, où la pharmacie se porte bien. Et comme à d'autres occasions, une fois la réunion close sur les coups de 13 heures, je me rends dans le centre-ville pour une nouvelle visite. Après avoir trouvé une crêperie encore ouverte pour un déjeuner rapide et des galettes médiocres, il me reste près de trois heures à consacrer à Orléans. Je pars des bords de la Loire, baignant dans la grisaille de cette mi-octobre. Si ceux-ci ont été refaits il y a peu, je trouve la ville toujours aussi peu tournée vers son fleuve, qu'elle semble négliger, et il n'y a pas foule le long de l'eau, avec beaucoup plus de canards et d'oies que de badauds. Sur la place de Loire contiguë, la sculpture "O" comme Orléans décline ses O sur des tons bleus, verts, or, en une sorte de tunnel qui a au moins le mérite d'être plus original que les habituelles assemblages de lettres qui partout en Europe vous rappellent avec insistance dans quelle ville vous vous trouvez, au cas où vous l'auriez oublié.
Je commence par la cathédrale Sainte-Croix, gothique, imposante par ses dimensions, presque autant que sa consœur d'Amiens (j'y reviendrai) avec ses 144 mètres de long. Je suis particulièrement intéressé par une exposition consacrée au linceul de Turin, ce suaire qui aurait enveloppé le corps du Christ lors de sa crucifixion. Une quinzaine de panneaux retrace l'histoire du saint suaire conservé à Turin, avec notamment les évaluations qui en ont été faites au fil des années, jusqu'à l'analyse au Carbone 14 qui en fixa finalement la date au Moyen-Age. C'est passionnant, historiquement et scientifiquement très complet, mais l'ambiguïté qui en ressort est assez frustrante : il n'apparaît pas clairement, alors que c'est le consensus qui a été atteint, y compris avec l'avis du Pape, que c'est un objet de culte créé de toutes pièces, même si l'objet reste fascinant et émouvant.
Mon étape suivante est pour le Musée des Beaux Arts, l'un des plus riches parmi ceux de province, fondé lors de la Révolution Française, et installé dans un bâtiment récent à côté de l'Hôtel de Ville. Sur plusieurs étages sont exposées des peintures s'étalant du XVème au XXème siècles, allant de van Dyck à Picasso en passant par Delacroix ou Gauguin. La salle Richelieu, qui mêle sculptures mythologiques de marbre blanc sur un parquet foncé, avec aux murs des toiles classiques, tranchant sur des tentures rouge vif, sous une vaste verrière qui illumine les lieux, est assez impressionnante. Comme souvent dans ce genre de lieux, dans cette profusion d'œuvres aussi diverses, je suis d'abord subjugué avant de finir épuisé par la masse d'informations à absorber.
Non loin de là, je pénètre dans la Maison de Jeanne d'Arc, maison à pans de bois qui hébergea la célèbre pucelle durant le siège d'Orléans en 1429. Il n'y a en fait pas grand chose d'autre à voir que la façade, sinon une animation multimédia et un film panoramique qui opèrent un utile rappel de la vie de Jeanne, depuis sa Lorraine natale jusqu'au bûcher de Rouen, et qui est demeurée la figure emblématique d'Orléans, même si elle n'y resta en tout et pour tout que quelques semaines.
Avant de reprendre mon train pour Paris, je fais quelques emplettes chez Martin Pouret, le plus ancien vinaigrier de la ville, qui propose moutardes, vinaigres, mayonnaise, cornichons, de qualité avec une belle variété d'arômes et de présentations.
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