Semaine n° 2 à Paris
J'ai laissé passer la première semaine de l'année pour récupérer des festivités passées, entre Noël parisien, puis alsacien, et Nouvel An rochelais. Mais la seconde est l'occasion de moult sorties culturelles dans la capitale. C'est ainsi que je commence le mercredi avec une traditionnelle sortie resto-expo en compagnie de mon petit frère. Le déjeuner a pour cadre une brasserie à l'ancienne, la Brasserie Martin, rue Saint-Ambroise : personnel occupé et efficace, tables serrées collées, plats tenant au corps (saucisse - purée pour moi), mais de bonne facture, vin à la ficelle, sous une verrière qui a transformé une cour intérieure en salle. Après la nourriture du corps, celle de l'esprit. Bon, c'est plutôt léger de ce côté puisqu'à notre programme figure une performance à l'Atelier des Lumières. Je ne suis pas fan de ces projections tous azimuts d'œuvres de peintres, qui constituent l'ordinaire du lieu, mais je dois avouer que la BD s'y prête, elle, puisque c'est Tintin qui est "exposé" ces jours-ci. Les dessins de Hergé, projetés en grand format, parfois animés, rendent très bien dans le grand espace de l'atelier, et l'on est vite immergé dans son univers coloré, sa fameuse ligne claire défilant le long des murs, tandis que l'on déambule dans la salle pour modifier le point de vue et profiter du spectacle, puisque c'est bien plus un spectacle qu'une expo, sous différents angles.
Je termine en jouant au touriste absolu et parcourant l'Opéra Garnier voisin, quasi seul Français parmi les visiteurs de tous pays. C'est un jeune architecte, Charles Garnier, qui gagne le concours en 1861, et conçoit le nouvel opéra. Celui-ci n'est inauguré que 16 ans plus tard par l'empereur Napoléon III, et encore pas complètement achevé. La véritable inauguration ne viendra qu'après la guerre de 1870, en présence du nouveau président Mac Mahon. La conception du bâtiment est éclectique, mélangeant un peu tous les styles, avec pas mal de baroque quand même. Bon, c'est massif, imposant, impressionnant, et aussi un peu indigeste. Beaucoup de fioritures quand même, du stuc et du plâtre partout, la sobriété n'existait pas à l'époque. On se promène pourtant avec respect dans l'opéra, entre Grand Vestibule, Rotonde du Glacier, colonnade circulaire (en pierre rouge), bassin de la Pythie, Grand Foyer aux lustres alignés et avant-foyer, Salons de la Lune et du Soleil, on se croit parfois à Versailles. En finissant par la salle de spectacle au cœur du bâtiment, en forme de fer à cheval, avec balcons, loges et stalles à cinq niveaux, proposant 2000 places tournées vers la scène, sur laquelle des techniciens s'affairent pour préparer le prochain spectacle de ballet, puisque c'est devenu le thème de cet opéra, sans oublier le célèbre plafond peint par Chagall. Une mention particulière à la bibliothèque de l'Opéra, sobre avec son bois sombre qui tranche avec le faste et parfois la grandiloquence du reste, alignant livres anciens dans un coin des lieux un peu caché.

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