Chez les écrivains de l'Aisne
Cela me laisse le temps de me concentrer sur l'auteur des Trois Mousquetaires, qui est bien entendu omniprésent dans la ville. C'est d'abord sa statue qui nous accueille sur la place centrale, d'où un parcours nous emmène le long des lieux qui ont ponctué sa jeunesse. Le point central en est le musée Alexandre Dumas, qui a ouvert dans un bel hôtel particulier du XIXème, et qui célèbre la mémoire, non seulement d'Alexandre, mais aussi de ses père et fils qui ont également connu leur heure de gloire. J'y découvre ainsi le parcours du Général Dumas, officier de Napoléon Ier, d'origine afro-caribéenne, qui brilla comme officier de la Révolution, puis comme général du futur Empereur, avec lequel il se brouilla, faisant preuve de plus d'humanité que son supérieur, et par-dessus aussi un soupçon de racisme. Quant à son fils, même nom et prénom, il fut comme son père un auteur à succès, un seul en fait, celui de la Dame aux Camélias.
Alexandre Dumas enfin, est le plus connu, essentiellement pour ses romans historiques (Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, La Reine Margot, et d'autres), en auteur prolifique qu'il fut, au point de se faire aider d'un collaborateur. Le petit musée, simple et bien fait, réunit peintures, gravures et photos, éditions originales et manuscrits, objets divers, qui font partager la vie de l'écrivain, ainsi que de ses ascendants et descendants. J'ai le musée pour moi tout seul pendant l'heure que je lui consacre, ayant même dû attendre une quinzaine de minutes que la préposée revienne d'une course ! En parcourant les rues de la ville, l'on peut voir aussi la maison où il vécut, propriété privée aujourd'hui, ou l'école où il étudia. Un détour par le cimetière permet de découvrir le lopin où il fut enterré avec d'autres membres de sa famille, jusqu'à son récent départ (2002) pour le Panthéon parisien, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.
Je déjeune le midi dans un petit resto cependant du centre, la Tulipe, bien rempli en ce vendredi midi, d'un goûteux risotto de saumon, pour une cuisine simple et fraîche.
L'après-midi, petit tour dans la forêt de Retz voisine, d'abord pour rejoindre le mystérieux Ermitage Saint-Hubert, chapelle perdue dans la forêt, ornée de la salamandre de François Ier, qui abrite une source. Un peu plus loin, la Tour d'observation du Général Mangin, personnalité controversée, a servi à celui-ci pour suivre le mouvement des troupes ennemies lors de la Première Guerre Mondiale. De fait, la vue depuis le dernier étage, à 25 mètres du sol, permet de voir loin au-delà de la forêt vers le nord. Il s'agit d'une reproduction puisque la tour originelle fut détruite peu de temps après la guerre.
Dernière étape avant le retour dans la petite ville voisine de la Ferté-Milon, qui fut quant à elle le lieu de naissance de Jean Racine. Elle aussi possède son château, qui présente la particularité de ne jamais avoir été achevé, puisque sa construction fut arrêtée à la mort de son initiateur, Louis d'Orléans, en 1407. Mais la vue de cette grande façade flanquée de tours en amande, depuis le chemin qui remonte du canal, au milieu d'un champ verdoyant, est saisissante : plus de 100 mètres de long sur près de 30 de haut, on a l'impression d'un décor de théâtre antique, tandis que deux canons russes semblent monter la garde en dominant la plaine.
Plus bas, les alentours du Canal de l'Ourcq sont moins guerriers et plus bucoliques, avec une passerelle construite par Gustave Eiffel, une roue à aubes, et quelques vieilles maisons plantées le long de l'eau. Racine est quant à lui évidemment présent un peu partout dans sa ville, avec l'inévitable statue, un cinéma Jean Racine dans une jolie bâtisse ancienne avec cour, et bien entendu le musée attenant, dans l'ancienne maison de la grand-mère du poète.
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